Les actualités de l'INRIA
Grid?5000 s?ouvre à l?international
A l?occasion du colloque Colibri, l?INRIA signe un accord avec l?Université fédérale du Rio Grande do Sul (UFRGC) pour intégrer son Institut d?informatique au sein de Grid?5000. Une ouverture qui va permettre aux utilisateurs de cette plateforme expérimentale d?explorer de nouvelles voies de recherche informatique liées aux problématiques de calcul en réseau.
Projet initié en 2003 par le ministère de la recherche, l?INRIA, le CNRS et les conseils régionaux, Grid?5000 a aujourd?hui atteint son objectif : exploiter la puissance de calcul de plus de 5000 "c?urs" de processeurs pour former une plateforme de recherche unique en son genre. La plateforme en compte aujourd?hui 5026, répartis sur 9 sites français. Depuis ce 22 juillet, 112 autres sont venus s?y ajouter avec l'intégration de l?Institut d?informatique de l?UFRGS, situé à Porto Alegre, dans le réseau Grid?5000.
Cette ouverture à l?international représente plus qu?une simple augmentation de "c?urs" de processeurs au sein de Grid'5000. La prouesse technique consiste à raccorder des ordinateurs situés de part et d'autre de l'Atlantique, et ainsi ajouter une dimension intercontinentale à cet instrument d'expérimentation pour les systèmes de calcul en réseau. Répartition des données sur les c?urs, système de gestion pour les grilles de calcul... Autant de nouvelles problématiques de recherche pour la communauté d'utilisateurs de Grid'5000 soulevées par cette distance géographique entre les ordinateurs du réseau.
Cette communauté est constituée de chercheurs spécialisés dans le domaine des systèmes parallèles et distribués à grande échelle. Grid'5000 est le premier instrument d'étude dans ce domaine. Les chercheurs s'en servent pour tester des algorithmes qui pourront ensuite trouver application dans une grille de "production". C?est le cas du logiciel Diet, qui pilote la grille de calcul Décrypthon (projet AFM - CNRS - IBM). Pour multiplier ce type d'expérimentation et ainsi, faire avancer la recherche sur les infrastructures de calcul en réseau, les chercheurs doivent se fédérer et mutualiser leurs force de calcul, à l'image de la signature franco-brésilienne d'aujourd'hui.
L'INRIA met son moteur de recherche IKONA au service de Pl@ntNet
Partager sur le Web les connaissances mondiales en botanique, tel est l?objectif de Pl@ntNet, projet original et ambitieux auquel participe l?INRIA à travers le moteur de recherche IKONA mis au point par l?équipe IMEDIA.
Pourriez-vous faire confiance à Internet comme à votre pharmacien pour savoir si le champignon que vous venez de cueillir est comestible ou non ? D?ici quatre ans, la réponse pourrait être « oui ». Grâce à la plateforme Web Pl@ntNet, vous pourrez très bientôt charger dans une base d?images la photo du champignon pour identifier automatiquement et rapidement son espèce, et savoir s?il est toxique ou non.
Le projet Pl@ntNet vise la création d?une plateforme web collaborative de mutualisation des connaissances mondiales en botanique. La plateforme permettra d?enrichir l?inventaire de la biodiversité et de faciliter l?identification des espèces végétales connues ou inconnues sur les cinq continents. Sorte de Wikipedia de la flore mondiale, Pl@ntNet s?appuiera sur un réseau collaboratif de chercheurs, d?experts ou de passionnés en botanique et s?enrichira au rythme de leurs découvertes. La plateforme intègrera le moteur de recherche IKONA de l?INRIA, fruit des travaux de l?équipe IMEDIA et de sa responsable Nozha Boujemaa, directrice de recherche, et par ailleurs, coordinatrice du projet Pl@ntNet.
Actuellement en service, IKONA est un nouveau moteur de recherche. Exit la classique recherche par mots clés, le nouvel outil ne recherche plus sur le texte associé à une image mais directement sur l?image elle-même par association et identification automatique. L?utilisateur peut ainsi interroger la base d?images en comparant une photo prise avec son téléphone portable avec celles déjà enregistrées.
Avec le projet Pl@ntNet, l?équipe IMEDIA va poursuivre le développement d?IKONA pour en améliorer la qualité, notamment au niveau de l?identification des couleurs, des textures et des formes des visuels. Ces améliorations vont permettre ainsi d?étendre son application et son utilisation à d?autres secteurs et domaines, tels que la presse, l?étude des insectes, les douanes?
Un système de cryptographie dédié aux systèmes embarqués
Deux chercheurs, Pierrick Gaudry et Eric Schost, viennent de mettre au point un nouveau cryptosystème plus rapide et plus fiable. Intitulé Surf 1271, il repose sur l?utilisation de courbes hyper elliptiques et semble particulièrement adapté aux systèmes embarqués.
Jules César utilisait déjà la cryptographie, l'art de communiquer de manière secrète. Aujourd'hui, la discipline est au coeur de nos échanges, spécialement sur internet. Gestion de comptes en ligne, achat en ligne, transactions financières? Les services en ligne doivent assurer un maximum de sécurité et de confidentialité aux utilisateurs. Pierrick Gaudry, chercheur CNRS à l'INRIA Nancy, travaille sur la conception et l'amélioration des systèmes de cryptographie. En collaboration avec Eric Schost de l?université canadienne de Western Ontario, il vient de mettre au point un nouveau système de cryptographie, plus rapide et plus fiable : Surf 1271.
Depuis 40 ans, la cryptographie est dominée par le système de chiffrement RSA. Un système qui a fait ses preuves, mais qui montre aujourd?hui ses limites. Pour lutter contre le « piratage », les clefs de chiffrement deviennent de plus en plus complexes, demandant des capacités de calcul considérables. Or, les cartes à puce, les badges d?accès, les passes Navigo ou plus généralement les systèmes embarqués n'ont pas la capacité de supporter cette charge de calcul. Seule solution : simplifier les clefs et ainsi, alléger le calcul !
Cette prouesse, Pierrick Gaudry et Eric Shost viennent de la réaliser avec Surf 1271, un système de cryptographie basé sur les courbes hyper elliptiques. Principe même de ce type de courbes : permettre de diviser par dix la taille de la clef de chiffrement. "A sécurité égale, cette clef contient 256 caractères contre 2048 avec le RSA," souligne Pierrick Gaudry. "Surf 1271 est par conséquent tout indiqué pour être appliqué aux systèmes embarqués qui disposent de faibles capacités de stockage et de calcul." Dans les mois à venir, nos deux chercheurs vont éditer un logiciel de cryptographie reprenant le principe de Surf 1271. "Ce logiciel sera la vitrine du système," explique Pierrick Gaudry. "C?est un premier pas vers sa standardisation, passage obligatoire pour promouvoir la technologie auprès des industriels."
Cartographier les zones à risque sismique
Comment protéger les populations en cas de séisme ? Réponse : en identifiant les zones à risque grâce à la cartographie du sous-sol. Un domaine d'application de l'équipe-projet Magique-3D de l'INRIA commune avec le laboratoire de mathématiques appliquées de l'université de Pau et des Pays de l'Adour. L'objectif de cette équipe est de mieux comprendre les phénomènes géophysiques en s'appuyant sur les méthodes de simulation 3D. Magique-3D est le fruit d'une collaboration réussie entre l'industrie (Total) et la recherche publique (INRIA, CNRS).
Visionnez le film "Sonder l'invisible", projeté récemment lors de la Fête de la Science et lors du Salon Supercomputing, et découvrez les travaux de nos scientifiques.
Magique-3D : méthodes, logiciel et applications
Méthodes et techniques
La méthode fréquemment utilisée pour représenter une carte du sous-sol consiste à recréer des micro-séismes grâce à de vraies explosions. Ces explosions engendrent alors des ondes sismiques qui se propagent dans le sous-sol. La propagation de ces ondes est enregistrée, leur comportement reflétant les caractéristiques physiques du sous-sol. Les données relevées sont combinées à des méthodes mathématiques (basées sur la résolution "d'équations des ondes") qui permettent aux chercheurs de représenter graphiquement une image du sous-sol.
Logiciel
A travers une autre collaboration avec l'université de Princeton aux Etats-Unis, les chercheurs de Magique-3D ont développé ensemble un logiciel appelé SPECFEM-3D. Il permet par exemple de simuler les répliques qui surviennent après un séisme afin de localiser les zones qui risquent d'être touchées. SPECFEM-3D a fait ses preuves après le séisme de L'Aquila en Italie le 6 avril 2009. Il a été utilisé pour simuler le séisme à l'origine du Tsunami de décembre 2004 à Sumatra en Indonésie. En effectuant des calculs sur l'ensemble du globe terrestre, il a été possible de visualiser l'intensité du phénomème et de représenter la propagation des ondes à la surface de la terre.
Industrie pétrolière et médecine
Les méthodes développées en cartographie du sous-sol sont utilisées en prospection pétrolière. Elles permettent de détecter la présence d'hydrocarbures avant même le forage ! De même en recherche médicale, des solutions sont développées pour calculer la densité osseuse pour la prévention l'ostéoporose.
André Seznec : défier les lois de l'informatique
Depuis 1983, André Seznec concentre ses recherches sur l'architecture des ordinateurs. Avec son équipe commune INRIA - Université de Rennes 1, ce chercheur reconnu travaille sur l'augmentation des performances et la "démocratisation" des architectures parallèles. Il vient de recevoir pour cela la bourse européenne ERC dans la catégorie "chercheur confirmé". Rencontre avec le scientifique.
Quel est le projet pour lequel vous avez été récompensé par l?ERC ?
André Seznec : Le projet que j'ai présenté à l'ERC s'intitule DAL, Defying Amdahl's Law, ce qui signifie : défier la loi d'Amdahl. Cette loi est la simple observation que le temps d'exécution d'une application ne peut pas être plus court que l'exécution de sa partie séquentielle. Les processeurs multi-c?urs sont aujourd'hui partout présents dans les systèmes informatiques : serveurs, ordinateurs de bureau, ordinateurs portables, mais aussi téléphones intelligents, télévision et tous les systèmes embarqués. En 2020, il sera technologiquement possible d?intégrer des multi-c?urs à plus de 100 coeurs sur un seul composant. Cependant, tout indique que la programmation séquentielle sera toujours prédominante. La loi d'Amdahl nous montre ainsi que de hautes performances sur le code séquentiel sont une condition nécessaire pour permettre de hautes performances sur toute l'application. Mais au lieu de travailler à améliorer l'architecture de la prochaine génération multi-c?urs, pour le projet DAL, nous avons choisi délibérément de devancer ces prochaines générations. Pour l?équipe ALF, « défier la loi d'Amdahl », c'est proposer pour les architectures des "manycoeurs" de 2020, des mécanismes matériels et/ou logiciels permettant d'obtenir de très hautes performances sur les applications séquentielles et sur les sections séquentielles des applications parallèles.
Que va permettre cette subvention ERC ?
André Seznec : L'attribution de l'ERC advanced grant représente d'abord pour moi la reconnaissance des travaux que j'ai menés tout au long de ma carrière. Cette attribution exprime aussi la confiance que l?on m?accorde quant à la vision que j'ai exprimée dans la proposition DAL. La subvention ERC s'étend par ailleurs sur 5 ans. Elle offre donc une réelle autonomie financière à toute une équipe sur une période donnée. Il est depuis longtemps difficile de trouver des financements pour des sujets de recherche en microarchitecture haute performance. Grâce à la subvention ERC, je vais intégrer dans notre équipe plusieurs doctorants et post-doctorants sur des sujets de microarchitecture sans avoir à me lancer à la quête d'autres financements. Je vais également avoir la possibilité d?inviter des collègues pour des séjours de collaborations de 2 à 3 mois. Enfin, cette bourse me permettra de financer des moyens de calcul dont nous avons besoin pour nos recherches.
Son parcours
Après son Doctorat en sciences informatiques de l'Université de Rennes I, André Seznec rejoint le centre de recherche de l'INRIA de Rennes en 1986. Dès1994, il devient directeur de recherche et responsable de l'équipe-projet CAPS (Compilateur, architecture parallèle et systèmes) jusqu'en 2008. En 2009, il créé l'équipe ALF qu'il dirige actuellement. De 1999 à 2000, il passe une année dans les laboratoires du constructeur Compaq dans le Massachusetts.
Au début de sa carrière, André Seznec travaille sur les architectures de supercalculateurs destinés à des applications scientifiques. En collaboration avec d'autres membres de son équipe, il travaille à la conception de logiciels de calcul haute performance ou la simulation d?architecture. À partir de 2002, en collaboration avec un expert en cryptographie, il conçoit un générateur de nombres aléatoires imprévisibles. Depuis 1991, sa principale activité de recherche porte sur l'architecture des microprocesseurs. Il a notamment travaillé sur le pipeline, le multithreading et les multi-coeurs. Ses contributions les plus reconnues portent sur sur la structure des mémoires caches et des prédicteurs de branchement.
Tout au long de son parcours, André Seznec a encadré 15 thèses de doctorat, publié plus de 20 articles dans des journaux internationaux et présenté 40 papiers dans les plus grandes conférences consacrées à l'architecture informatique, dont 13 lors des "International Symposium on Computer Architecture (ISCA). En 2010,il a présidé la conférence ISCA à Saint-Malo.
Lauréats 2010
Dans la catégorie "Jeunes chercheurs", Axel Hutt (Cortex, Nancy), Paola Goatin (Opale, Sophia Antipolis), Pierre Alliez (Geometrica, Sophia Antipolis), Kartikeyan Bhargavan (Moscova, Rocquencourt), Véronique Cortier (Cassis, Nancy), Nikos Paragios (Galen, Saclay) ont reçu une bourse qui leur permettra de constituer une équipe. Dans la catégorie "Chercheurs confirmés", Jean Ponce (Willow, Rocquencourt) et André Seznec (Alf, Rennes) sont lauréats et ont choisi l'INRIA pour poursuivre leurs travaux.
Jean Ponce : de la photo à la vidéo
Spécialiste reconnu de la reconnaissance de formes dans des photos, Jean Ponce, professeur à l'ENS, s?est lancé depuis quelques années dans la vidéo. Il vient de recevoir pour cela une bourse européenne ERC destinée à un chercheur confirmé. Son but : analyser et traiter automatiquement les films quels que soient les scènes et les mouvements de caméras, afin de pouvoir les archiver, les modifier ou les restaurer. Un travail qui intéresse particulièrement les concepteurs d?effets vidéo.
Jean Ponce ne regrette pas d?être revenu en France en 2005, après vingt ans de recherches aux Etats-Unis : il vient de recevoir une bourse ERC d?un montant de 2,5 millions d?euros pour continuer ses recherches sur la vidéo. Son objectif : analyser automatiquement les contenus vidéo, en manipuler les éléments (par exemple enlever un objet gênant dans un film) ou restaurer les films anciens? Une recherche ambitieuse dans la droite ligne de ses travaux antérieurs sur la reconnaissance de formes dans les images qui l?ont conduit, par exemple, à reconstruire des objets en trois dimensions à partir de plusieurs photos, ou de retrouver automatiquement certains objet (un vélo, une voiture, etc.) sur les clichés. Ses travaux ont notamment été utilisés par un des leaders mondiaux des effets spéciaux, la société Industrial light & magic.
« Il est possible d?analyser automatiquement ce qui se passe dans les situations les plus simples, lorsque la caméra ne bouge pas et que le fond est homogène », souligne Jean Ponce, qui dirige l?équipe WILLOW sur les modèles de reconnaissance visuelle d?objets et de scènes, commune à l?INRIA, l?Ecole normale supérieure de Paris et le CNRS. « C?est le cas des matches de foot, que l?on peut étudier grâce aux caméras fixes à grand angle. Mais dès que la caméra bouge, on ne sait pas le faire car l?apparence d?un objet dépend de l?objet lui-même mais aussi de la position et du mouvement de la caméra. » Difficile également d?enlever un objet gênant d?une scène ou de restaurer un film abîmé : il faut le faire manuellement, image par image. « Ceux qui traitent ces vidéos le font pixel par pixel, indique le chercheur. Nous pensons qu?il est possible d?automatiser ces activités en adoptant une logique de vision artificielle, en s?intéressant au sens de la scène. » Mais comment analyser le sens d?une scène lorsque l?on n?a pas d?idée a priori de ce qui y est représenté ? A quel niveau de détail s?arrêter ? Qu?est-ce qu?un bon modèle pour l?interpréter ? Pour répondre aux nombreuses questions que soulève cette approche originale, Jean Ponce prévoit d?engager cinq doctorants et deux post-docs pendant les cinq ans à venir, et d?acheter une grappe (« cluster ») d?ordinateurs puissants.
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L?analyse automatique des vidéos permettra de les classifier, les restaurer, ou faire des effets spéciaux
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Jean Ponce apprécie la bourse ERC après avoir passé aux Etats-Unis, comme tous les responsables d?équipes, une bonne partie de son temps à la « chasse aux contrats » pour payer ses doctorants. Ici, il a accès à de très bons étudiants dont un bon nombre bénéficient déjà d?une bourse de doctorat. Autre différence, « aux Etats-Unis, il y a peu de travail en équipe, la recherche est menée par un professeur entouré de ses étudiants, observe-t-il. Avec le travail en équipe en France, je m?ouvre à des domaines nouveaux, c?est très agréable ». Ainsi, son équipe s?est lancée depuis quelques années dans des recherches sur l?apprentissage statistique permettant de construire automatiquement les modèles qu?elle utilise pour la reconnaissance et de traitement d?images et de vidéos.
Même si leur but est avant tout fondamental, ces recherches ont de nombreuses applications. Archiver et indexer automatiquement les vidéos, comme on le fait aujourd?hui des textes, permettrait de mieux s?y retrouver dans l?immensité des archives vidéo aujourd?hui disponibles, à l?Institut National de l?Audiovisuel par exemple, avec qui l?équipe de Jean Ponce collabore déjà. De même, la possibilité de supprimer les traces de vieillissement (points et traits blancs par exemple) permettrait de restaurer les films anciens contenus dans ces archives. Enfin, la possibilité d?enlever ou d?ajouter des objets aux films intéresse les professionnels des effets spéciaux, comme Industrial light & magic.
Lauréats 2010
Dans la catégorie "Jeunes chercheurs", Axel Hutt (Cortex, Nancy), Paola Goatin (Opale, Sophia Antipolis), Pierre Alliez (Geometrica, Sophia Antipolis), Kartikeyan Bhargavan (Moscova, Rocquencourt), Véronique Cortier (Cassis, Nancy), Nikos Paragios (Galen, Saclay) ont reçu une bourse qui leur permettra de constituer une équipe. Dans la catégorie "Chercheurs confirmés", Jean Ponce (Willow, Rocquencourt) et André Seznec (Alf, Rennes) sont lauréats et ont choisi l'INRIA pour poursuivre leurs travaux.
Véronique Cortier : sécuriser les protocoles
En septembre 2010, Véronique Cortier, directrice de recherche CNRS au sein de l'EPI CASSIS de l'Inria Nancy-Grand Est a obtenu la bourse ERC dans le cadre de son projet de sécuriser les protocoles de communication et les moduler afin de les rendre fiables. Rencontre avec la chercheuse.
Si Véronique Cortier a très peu de besoins en matériels, elle a davantage de besoins humains. L'obtention de cette bourse va lui permettre s'entourer des personnes qu'elle estimera les plus compétentes pour ces recherches, à différents postes mais essentiellement des doctorants et post-doctorants. "Je vais également davantage me concentrer sur mes travaux de recherche que sur les demandes de subvention pour les mener à bien" ajoute-t-elle. Si Véronique Cortier est tenue de réaliser un rapport sur l'évolution de ces recherches, elle dispose de beaucoup de libertés d'action dans ses démarches.
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Proposer des méthodes pour analyser des protocoles de communication
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Après avoir été présélectionnée en juin 2010, c'est deux mois plus tard qu' elle reçoit sa notification officielle. "C'était pour moi la période idéale pour candidater. Il y a 2 ans, j'avais déjà déposé un dossier qui m'avait été refusé. C'est Jean-Pierre Banâtre qui m'a conseillé de réitérer." Le projet présenté pour l'obtention de la bourse ERC porte sur l'élaboration de preuves, la combinaison de protocoles afin qu'ils soient modulables.
Ses travaux de recherches portent sur la sécurisation des protocoles c'est à dire proposer des méthodes pour analyser des protocoles de communication tels que le vote électronique ou encore des applications de sécurité qui, pour l'instant concernent davantage le milieu bancaire. Ses travaux portent également sur la sécurisation d'application qui peuvent être aussi utilisées pour le télépéage ou encore la communication sur les embouteillages.
Parcours
Née à Troyes dans l'Aube en 1978, Véronique Cortier s'est attaché, dès son plus jeune âge, à résoudre des problèmes mathématiques. Le Bac scientifique en poche, elle entre en classes préparatoires de mathématiques en 1995 puis rejoint deux ans plus tard l'ENS Cachan. Des cours d'informatiques obligatoires portant sur la théorie et les modèles, correspondent de très près aux mathématiques, véritable passion pour Véronique. Face à des problèmes concrets de recherche, l'étudiante considère les mathématiques comme davantage de plaisir que de travail. En 2003, après sa thèse, elle est recrutée par le CNRS et exerce en tant que directrice de recherche depuis le 1er octobre 2010. En plus d'être parmi les plus jeunes directrices de recherche, elle est maman de deux enfants. Et c'est au c?ur de la Lorraine qu'elle souhaite voir épanouir sa petite famille. "J'apprécie l'identité régionale de la Lorraine", nous confie-t-elle
Lauréats 2010
Dans la catégorie "Jeunes chercheurs", Axel Hutt (Cortex, Nancy), Paola Goatin (Opale, Sophia Antipolis), Pierre Alliez (Geometrica, Sophia Antipolis), Kartikeyan Bhargavan (Moscova, Rocquencourt), Véronique Cortier (Cassis, Nancy), Nikos Paragios (Galen, Saclay) ont reçu une bourse qui leur permettra de constituer une équipe. Dans la catégorie "Chercheurs confirmés", Jean Ponce (Willow, Rocquencourt) et André Seznec (Alf, Rennes) sont lauréats et ont choisi l'INRIA pour poursuivre leurs travaux.
Karthik Bhargavan : prouver la sûreté des applications web
Prévenir plutôt que guérir : cet adage médical s?applique aussi à l?informatique. Le jeune chercheur de l?équipe MOSCOVA, Karthik Bhargavan, vient de recevoir une bourse ERC pour poursuivre ses travaux visant à assurer la sûreté de services tels que la gestion de données personnelles et sensibles. Des recherches à la fois théoriques et très appliquées, au sein du laboratoire commun entre l?INRIA et Microsoft Research. Rencontre avec le chercheur.
C?est avec des carrés, des ronds et des flèches que Karthik Bhargavan explique les travaux qu?il va mener grâce à la bourse européenne ERC d?1,5 million d?euros sur cinq ans qu?il vient de recevoir. Son domaine : la sécurité informatique. « Nous échangeons de nombreuses informations en ligne, il faut être sûr qu?elles ne soient pas volées ou modifiées », explique le chercheur indien de 34 ans. «C?est particulièrement vrai pour certains sujets sensibles comme les données bancaires ou médicales. »
Prenons le cas du dossier médical numérique, en cours d?élaboration en France, et qui existe déjà aux Etats-Unis. Les données de chaque patient sont cryptées et stockées dans un serveur sécurisé, et certaines personnes (le patient, le médecin, l?hôpital?) ont le droit de lire ou d?ajouter des données. Mais les cibles potentielles des attaques sont nombreuses : le navigateur web, le protocole de cryptographie, la gestion des clés de chiffrement, la programmation des pages web (programme javascript)? Comment prouver que l?ensemble du système est vraiment sûr ? Comment être certain qu?un pirate ne cassera pas les protections ? C?est le but du projet CRYSP développé par Karthik Bhargavan et qui a séduit l?ERC. « Plutôt que d?arrêter les attaques, mieux vaut les prévenir. Je propose de construire la première application web, dont la sécurité sera mathématiquement prouvée. L?ensemble du système devra être totalement sécurisé. »
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Construire la première application web, dont la sécurité sera mathématiquement prouvée
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Pour prouver mathématiquement qu?un programme informatique est sûr, il faut d?abord le « traduire » en un modèle plus facile à analyser. Puis ce modèle est ausculté par un outil d?analyse de programme, qui prend en compte les exigences de sécurité choisies par les chercheurs. Cet outil peut donner trois types de réponses : « oui, la sûreté de ce logiciel est prouvée », « non, des attaques ont réussi », et enfin, « nous ne savons pas si ce logiciel est sûr ». Cette dernière réponse est malheureusement la plus fréquente. Le but des recherches de Karthik Bhargavan est justement de la rendre moins fréquente et de parvenir plus souvent à la réponse affirmative.
Karthik Bhargavan va recruter deux chercheurs post-doctoraux, quatre doctorants et sept stagiaires en master au cours des cinq prochaines années pour réaliser son projet. Ce chercheur au parcours international (des études à New Delhi en Inde, un doctorat à Philadelphie aux Etats-Unis, et sept ans de recherche sur la sécurité du web chez Microsoft Research à Cambridge en Grande Bretagne) ne se fait pas de souci sur le recrutement : « j?apprécie beaucoup de travailler avec des étudiants français, à qui je donne des cours à l?Ecole polytechnique », souligne-t-il. « La qualité des étudiants est une des raisons pour lesquelles j?ai choisi la France. Et puis je compte attirer des étudiants des Etats-Unis, de Grande Bretagne et d?Inde, où j?ai gardé beaucoup de contacts. »
Il a également choisi la France et l?INRIA pour cette alliance inédite de compétences en ingénierie et en mathématiques, due notamment à la collaboration étroite entre chercheurs de l?INRIA et de Microsoft Research au sein du laboratoire commun de Saclay. « Cette association de recherches très appliquées et fondamentales menées à l?INRIA est très intéressante, souligne-t-il. Je travaille à la fois sur les programmes et sur les preuves mathématiques. Et j?ai la satisfaction de m?intéresser à des problèmes réels.»
Lauréats 2010
Dans la catégorie "Jeunes chercheurs", Axel Hutt (Cortex, Nancy), Paola Goatin (Opale, Sophia Antipolis), Pierre Alliez (Geometrica, Sophia Antipolis), Kartikeyan Bhargavan (Moscova, Rocquencourt), Véronique Cortier (Cassis, Nancy), Nikos Paragios (Galen, Saclay) ont reçu une bourse qui leur permettra de constituer une équipe. Dans la catégorie "Chercheurs confirmés", Jean Ponce (Willow, Rocquencourt) et André Seznec (Alf, Rennes) sont lauréats et ont choisi l'INRIA pour poursuivre leurs travaux.
Pierre Alliez : un pionnier dans le traitement numérique de la géométrie
Pierre Alliez est un pionnier : lorsqu?il a commencé ses recherches - après un stage de master à l?INRIA avec Olivier Devillers et une thèse chez France Telecom R&D et à l?école Telecom Paris Tech - la thématique sur laquelle il travaillait ne portait pas encore de nom. Aujourd?hui, alors que le traitement numérique de la géométrie est reconnu en tant que domaine scientifique, il propose IRON (Robust Geometry Processing), un projet qui lui a valu la prestigieuse bourse ERC 2010 dans la catégorie « jeunes chercheurs ». Rencontre avec le chercheur.
« Pendant mon post-doc à l'université of Southern California où j?ai travaillé avec Mathieu Desbrun, professeur au California Institute of Technology » explique Pierre Alliez, « j?ai commencé à renforcer et à identifier cet axe qui n?était pas un domaine à part entière. A l?époque il s?agissait soit d?informatique graphique soit de géométrie algorithmique. Mais à partir de 2003, une communauté a commencé à se construire autour du traitement numérique de la géométrie. Quand j?ai postulé ensuite à l?INRIA Sophia-Antipolis fin 2001, Jean-Daniel Boissonnat, responsable de l?équipe PRISME, a accueilli mon projet de recherche avec enthousiasme. Cette équipe est devenue GEOMETRICA. Elle a pour but de développer une approche axiomatique du calcul géométrique. C?est à l?INRIA que se situe l?avant-garde de l?informatique. Lorsque j?ai présenté mon dossier pour la bourse ERC, et ce sans aucune obligation de résultat de leur part, l?institut m?a témoigné le même enthousiasme et la même confiance, ce qui est plutôt agréable, surtout lorsqu?on apprécie de travailler dans l?autonomie comme c?est mon cas ».
La numérisation de la géométrie, selon Pierre Alliez et Mathieu Desbrun, consiste à concevoir l?analogue du traitement du signal pour des formes 3D. Pour ces deux chercheurs, ce serait la suite logique de la numérisation du son dans les années 70-80, puis de l?image et enfin de la vidéo dans les années 2000. Le traitement numérique de la géométrie a cependant pour corrélation le traitement de données de plus en plus hétérogènes et incertaines. « Le premier enjeu de cette recherche tient au fait que nous sommes face à un paradoxe technologique », déclare le chercheur, « nous pensions que les données allaient suivre l?évolution des capteurs mais ce n?est pas le cas. Elles demandent de plus en plus de traitement, n?ont jamais été aussi imparfaites qu?aujourd?hui du fait de la diversification des modes d?acquisition, et du changement des usages (super-résolution, et nouveaux paradigmes d?acquisition comme les données communautaires type flicker) ».
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Un gain de temps de 3 semaines de traitement de données avant simulation
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La solution IRON propose des algorithmes robustes, tolérants, capables de résister à l?imperfection et à la diversité de n?importe quelle sorte de données, et ce en rupture avec la méthodologie courante qui consiste à réparer, convertir ou faire le tri dans les données avant traitement. « C?est là que se situe le verrou technologique lié à IRON, notre enjeu numéro 2 ». L?autre enjeu est d?ordre sociétal, un concept que Pierre Alliez nomme « nouvelle frontière » et auquel il tient particulièrement. « Après l?ère du sur-mesure réservé autrefois à une élite puis celle de la fabrication de masse, je suis convaincu que nous sommes en train de passer à l?ère du sur-mesure de masse. Ce projet ne va pas changer la société mais va peut-être y contribuer ». Ces algorithmes « costauds » vont devoir faire le poids face au traitement numérique de la géométrie qui aura des applications multiples. Notamment pour les ingénieurs, automobiles ou aéronautiques entre autres, qui pratiquent l?ingénierie numérique et qui vont gagner en efficacité.
L'ingénierie numérique substitue à la fois le modèle numérique au prototype physique, et le calcul à l'expérience. Ainsi, l'ingénieur accélère le cycle de conception en « essayant le réel », pour mieux concevoir et anticiper. Toutefois, et bien que la simulation soit utilisée en routine, la conversion d?un modèle CAO final (du point de vue de la production) en un modèle prêt pour la simulation nécessite 3 semaines de traitement interactif de type essai-erreur pour convertir, ce qui freine considérablement le vrai potentiel de l?ingénierie numérique. La mission initiale de l?ingénierie numérique était de faire un aller-retour entre modélisation et simulation. Pour exemple, les résultats de la simulation -qui prend 5000 heures de calcul parallèle mais 1 heure d?horloge murale- suggèrent de soulever un capot de 5 cm, et donc de revenir au dessin, mais comme chaque retour à la simulation prend 3 semaines, la conception s?en trouve ralentie.
Concrètement, IRON signifie pour les ingénieurs un gain de temps de 3 semaines de traitement de données avant simulation. C?est le premier pas du sur-mesure de masse qui va également s?appliquer à la médecine, à la simulation (pour la ville durable, la géologie) et à l?architecture dite forme libre. C?est aussi la promesse liée à l?ERC de Pierre Alliez qui se donne 5 ans pour y parvenir.
Lauréats 2010
Dans la catégorie "Jeunes chercheurs", Axel Hutt (Cortex, Nancy), Paola Goatin (Opale, Sophia Antipolis), Pierre Alliez (Geometrica, Sophia Antipolis), Kartikeyan Bhargavan (Moscova, Rocquencourt), Véronique Cortier (Cassis, Nancy), Nikos Paragios (Galen, Saclay) ont reçu une bourse qui leur permettra de constituer une équipe. Dans la catégorie "Chercheurs confirmés", Jean Ponce (Willow, Rocquencourt) et André Seznec (Alf, Rennes) sont lauréats et ont choisi l'INRIA pour poursuivre leurs travaux.
INRIA Alumni : Jam Session 2010 et Assemblée générale, Bordeaux
L'association INRIA Alumni est le réseau des collaborateurs et ex-collaborateurs de l'INRIA et de ses établissements partenaires. Elle vous propose une Jam Session le 18 novembre 2010 à l'Université Victor Segalen Bordeaux 2, site de la Victoire.
Les Jam Sessions INRIA Alumni sont le lieu où se rencontrer en toute convivialité pour :
- établir de nouveaux liens, identifier de nouvelles ressources
- faire émerger et bâtir de nouveaux projets
- partager vos expériences
- retrouver d'anciens collègues et amis
- parler de l'INRIA, hors de l'INRIA !
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