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Vendée Globe écourté : course au large et communication
La course au large est une discipline complète qui intègre des risques mécaniques
Le début de ce Vendée Globe nous rappelle une nouvelle fois que la voile est aussi un "sport mécanique" (1) mais nous sommes loin de l'hécatombe! : trois démâtages sur 30 participants ça représente tout juste 10% de la flotte. C'est extrêmement triste pour les skippers (dans l'ordre des abandons : Kito de Pavant / Yannick Bestaven / Marc Thiercelin), leurs équipes techniques et leurs partenaires (respectivement Groupe Bel / Aquarelle.com / DCNS) mais il n'y pas de quoi en faire un fromage et re-sortir les vieux épouvantails : préparation(s) bâclée(s), voilier(s) à la conception trop légère, classe IMOCA à la dérive, Organisation irresponsable lançant le départ d'un tour du monde de 3 mois dans une mer casse bateau ... Fermer le ban.

Aperçu d'une communication avortée :
L'ex-futur blog d'Alex ... le Vendée Globe comme si vous y êtiez ...
pour effectuez une plongée dans le néant : le "Race Blog" est ici
Par contre ces abandons dès les premières heures de course ne manquent pas de soulever quelques questions pour les partenaires commerciaux de ces bateaux et de leurs malchanceux skippers. Sur une épreuve comme le Vendée Globe : "Comment un sponsor peut-il concilier la part de risque inhérente à ce genre d'aventure avec une visibilité maximale pour sa marque ? En d'autres termes comment garantir, malgré les risques, son investissement ... même lorsque la présence sur l'épreuve du bateau et de son skipper est réduite à sa plus simple expression ?".
Parmi les abandons de la première heure de ce Vendée Globe 2008-2009, il y a un cas exemplaire et selon moi un début de réponse à cette question ... que nous apporte un sacré client en matière d'épreuve écourtée : un personnage nommé Alex Thomson.
Alex le poisseux ... ou une leçon de communication malgré les avaries
Mettons de côté les (nombreuses) frasques d'Alex Thomson dans les courses qui ont précédé ce Vendée Globe 2008. Sur cette édition Alex a tout d'abord été victime d'une collision lors du convoyage vers les Sables d'Olonne. Résultat : gros chantier et incertitude au sujet de sa participation ... A la clef : un suspens qui a tenu en haleine bon nombre d'observateurs. Du coup des 30 coureurs engagés dans ce Vendée Globe, Alex a été celui dont on a le plus parlé dans les semaines avant le départ.
Bilan chiffré :
1 avarie mal bien placée (à contretemps) = 1 bonne exposition média.
Une fois la ligne de départ finalement franchie, Alex a été victime d'une voie d'eau dans le Golfe de Gascogne. Retour au port, grutage du voilier, inspection ... et abandon définitif devant l'ampleur des dégâts. Mais les photos de l'abandon sont particulièrement réussies non seulement grâce au talent des photographes restés aux Sables pour couvrir les (éventuels) retours [mention particulière à Thierry Martinez, photographe indépendant sur ce Vendée Globe et à qui nous devons la photo ci-contre] mais aussi parce que la décoration de coque d'Hugo Boss est particulièrement bien adaptée à ce genre de déboires avec des inscriptions bien placées qui débordent largement sous la ligne de flottaison, pour aller jusque, ce qui est unique, le long de la quille (2) !
Bilan chiffré :
1 avarie + 1 décoration bien pensée = à nouveau 1 bonne exposition média.
Néanmoins une question finale demeure, question sur laquelle je ne doute pas que même les pros de la communication s'entre-déchirent : vaut-il mieux :
1. communiquer en toutes circonstances
2. ou au contraire privilégier la discrétion dans certains cas peu glorieux ?
Personnellement je penche pour la première alternative, quitte à adapter un peu son message en cours de route ...
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Notes
(1) je déteste cette expression de "sport mécanique" (plus encore que ça dure réalité) mais il faut bien se résoudre à l'évidence ... elle est passée dans les usages car cette expression est parlante pour le grand public. Au point d'ailleurs que les coureurs, et plus seulement les journalistes en mal de vulgarisation de cette complexe discipline qu'est la voile, l'emploient eux-mêmes.
(2) habituellement ces décorations, aussi appelées couleurs de coque, couvrent uniquement la coque au dessus de la flottaison, soit la partie visible lorsque le voilier est amarré au ponton. Voir un exemple de décoration des plus classiques, pourtant sur un bateau neuf, celui de Loïck Peyron. Il faut noter que ces dernières années la surface utilisée pour afficher les partenaires sur les bateaux c'est considérablement agrandie et va aujourd'hui des voiles (ou voir aussi l'une de mes casaques préferrées) jusqu'aux safrans !
A l'attention des néophytes :
Le mal, à l'origine mystérieuse, dont souffre la coque en carbone d'Alex s'appelle le délaminage, c'est à dire que la peau en carbone "pèle" : voir les bandes de 5 mètres qui pendouillent spectaculairement comme ici (encore une photo signée Th. Martinez).
Vendée Globe : retour sur une collision
Après une entrée en matière un peu légère (si vous avez raté la charade en images, allez voir ici), retour à une analyse plus sérieuse et surtout plus conforme à la ligne éditoriale qui anime Liens de Mer depuis ses débuts : un traitement original et de qualité de l'actualité nautique.
Retour donc sur la collision, dans les premières heures de course, entre Bernard Stamm et ce qui s'avère (d'après le système AIS - Automatic Identification System -) être un petit cargo.
De tous les accidents de ce début de Vendée Globe 2008, l'avarie survenue à Bernard Stamm est particulière car elle est dûe à une force exogène. J'entend par là (au delà de la référence douloureuse à l'affaire du Bugaled Breizh) une avarie qui n'est pas directement liée aux 3 éléments constitutifs du Vendée Globe et qui ont d'ailleurs forgé sa légende : un homme, la mer et un bateau ...
Revenons et expliquons point par point les 3 images de la charade :
- mon premier : le voilier et son skipper solitaire
- mon second : le petit caboteur ou la dure réalité maritime du XXIe siècle !
- mon tout : avantage au gréement classique.
Mon premier est un voilier mené en solitaire
Il faut savoir que la navigation en solitaire contrevient au REGLEMENT INTERNATIONAL pour prà©venir les abordages en mer et plus prà©cisà©ment à la Rà¨gle 5 / Veille (de la Partie B — Rà¨gles de barre et de route / Section I — Conduite des navires dans toutes les conditions de visibilità© ... on ne badine pas avec les rà©fà©rences des textes administratifs !), rà¨gle qui stipule :
"Tout navire doit en permanence assurer une veille visuelle et auditive approprià©e, en utilisant à©galement tous les moyens disponibles qui sont adaptà©s aux circonstances et conditions existantes, de manià¨re à permettre une pleine apprà©ciation de la situation et du risque d’abordage."
Une veille qui par nature ne peut pas être assurée ou du moins de manière réellement permanente par un solitaire ... ce dernier devant de temps en temps aller dormir (même si ce n'est que par tranche de quelques minutes et au total souvent moins de 4h par jour).
Mon second est un petit cargo qui effectue du cabotage dans le Golfe de Gascogne
Le Koralle (IMO 8415201) est un vaillant acteur de nos échanges mondialisés (pour avoir une idée même partielle de l'intensité du trafic maritime en temps réel allez voir la carte ici, les bateaux sont représentés par des points rouges). Pourtant ce cargo, en route sous pilote automatique, n'assure pas non plus la réglementaire "veille permanente" évoquée ci-dessus !
Et pourquoi me direz-vous ? Et bien tout simplement parce que, sans remettre en cause son équipage, certains intérêts, d'ailleurs souvent en dehors du bord, prennent le pas sur la sécurité en mer. On peut citer la réduction des coûts d'exploitation, la rente des états pavillon ... qui sont autant d'enjeux barbares derrière lesquels se cachent de bien tristes réalités pour la marine marchande et ses hommes : formation minimale des navigants, sous-effectif chronique à bord, rythme de travail harassant même à l'escale ...
Je ne cherche aucune excuse à l'équipage du petit « cargo tamponneur » mais je souhaite, à l'occasion de cette collision malheureuse, attirer l'attention des voileux (dont je suis) et rappeler que souvent ces inconscients sur leurs bateaux en fer (malheureusement parfois même ces bourreaux) sont aussi des victimes : victimes d'un système qui comme la finance manque cruellement d'un cadre mondial, d'une volonté affirmée de mettre de l'ordre dans notre système contemporain où des hommes confortablement installés dans leurs fauteuils à terre font, par leurs décisions privilégiant leur intérêt particulier et tirant partie de législations très variables selon les pays, courir des risques à d'autres hommes en mer. Sur les océans, on le sait, le risque zéro n'existe pas mais les progrès bien réels des nouvelles technologies de navigation dans la prévention des abordages en mer ne masqueront jamais totalement l'irresponsabilité actuelle des acteurs du transport maritime. Abordages (1) et marées noires sont malheureusement là pour, de temps à autre, nous le rappeler cruellement.
Mon tout est un retour au port avec un bout dehors en "chou fleur"
Bernard Stamm peut s'estimer, relativement, heureux de son sort. Je vous entend d'ici crier « mais il est fou ce Nam ! ». Et bien non, je m'explique.
Bernard a opté pour (un bateau avec) un gréement traditionnel c'est-à-dire sans les fameux outriggers, et vue la trace laissée par l'étreinte entre le cargo et son voilier Cheminées Poujoulat ... bien lui en à pris ! Car les 2 coques ont bien frotté l'une contre l'autre sur 10 bons mètres pas loin du maitre-bau et dans de telles circonstances les outriggers qui dépassent de la coque auraient littérallement été fauchés au passage ... avec pour conséquence un démâtage immédiat ! Au contraire malgré le choc, son mat est resté debout même si, aux dernières nouvelles, l'espar en carbone n'est pas complètement indemne.
Dans une ancienne note comparant les 2 types de mats à l'occasion de la Transat B to B et de la Barcelona World Race, j'avais accordé photos à l'appui et pour établir un gréement de fortune, un avantage à la version gréement thonier. Et bien en cas de « smack » avec un cargo l'avantage va clairement au gréement « classique ». Ce qui confirme qu'en voile, en dehors même de l'aspect performance, le choix d'un mat est lourd de conséquences ...
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Note
(1) il ne se passe par exemple pas une solitaire du Figaro sans un événement de ce type, cf pour l'édition 2008 la mésaventure de Franck Le Gal.
Vendée Globe : charade en images
1. Mon premier est un voilier mené en solitaire :
2. Mon second est un petit cargo qui effectue du cabotage dans le Golfe de Gascogne :
Mon tout est le résultat de la rencontre des 2 précédents... un retour au port avec un bout dehors en "chou fleur" :
PS : cette note donne naissance à la catégorie "Vendée Globe 2008", à suivre sur Liens de Mer ...
Idée cadeau : glaçons style "Titanic"
Noël approche (si, si !) c'est pourquoi je vous suggère une idée cadeau, ou simplement une idée pour agrémenter vos réceptions en toute occasion : un moule permettant d'obtenir, après un court séjour dans votre congélateur, 4 magnifiques glaçons en forme de paquebot et 4 en forme d'iceberg.
Des glaçons qui agrémenteront vos apéritifs d'une indéniable touche "marine" bien que l'ambiance puisse aussi être vécue par certains de vos invités comme "glaciale". Vous pourrez néanmoins les rassurer en leur expliquant savamment que la densité du Titanic glacé étant supérieure à l'eau dans son état liquide (ou toute autre boisson de votre choix), le paquebot se maintient naturellement entre 2 eaux ... le temps de procéder au sauvetage.
Sachant que les paquebots possèdent un grand tirant d'eau et pour appuyer votre démonstration, je vous conseille de bien remplir les verres; ainsi en plus de convaincre vos hôtes mêmes les plus hermétiques aux lois de la physiques vous pourrez définitivement "casser la glace".
A votre santé à tous ;-).
Petite annonce (entre amis)
Chers tous,
C'est après mûres réflexions que je me décide enfin à sortir d'un (trop) long silence pour un exercice unique dans l'histoire de Liens de Mer : publier une petite annonce certes personnelle mais néanmoins maritime ! En effet j'ai reçu, il y a peu, le courriel suivant d'Isa (1) :
"Bonjour XXX,
Et bien voilà, il y a quelques années tu m'as donné le goût de la voile et j'ai très envie de voyager à nouveau sur la mer. Je cherche un embarquement entre le 4 et 23 août de 7 à 15 jours, je ne suis pas arrêtée sur une destination. D'accord tu ne t'occupes pas d'une bourse aux équipiers mais je me disais que tu pouvais peut-être me donner des pistes pour chercher, enfin plutôt pour trouver.
D'avance merci pour ton aide. Bises,
Isa"
Après une entrée en matière aussi flatteuse [ avec les honneurs du Voiles & Voiliers de ce mois de Juillet je vais prendre goût à la flagornerie ;-) ], je me suis illico fendu d'une réponse en lui refilant quelques "bonnes adresses"; en parallèle j'ai activé mes relations nautiques au rang desquelles la dévoreuse de miles Flo (2). Mais c'est déjà bien tard et les équipages pour les croisières de cet été sont dans leur grande majorité constitués !
C'est alors que m'est venue l'idée de la dernière chance : mettre à contribution les lecteurs de Liens de Mer pour trouver un embarquement à Isa.
Je résume donc : si vous naviguez entre le 4 et le 23 août et qu'il vous reste une place à bord, faites une heureuse en embarquant une équipière de choc ("peu expérimentée mais assurément volontaire" ce sont ses propres mots, j'ajouterai : à la bonne humeur communicative), prenez contact avec Isa par mail en cliquant sur le lien suivant : http://nanolink.fr/CVicboca.
Merci pour elle et je vous souhaite à tous de belles navigations (partagées).
Nam.
Notes
(1) non pas la citoyenne de La Rochelle qui sillonne les mers du Sud au départ d'Ushuaia sur son voilier à coque acier
(2) non pas la fiancée de l'Atlantique qui aime la chaleur marseillaise, non plutôt la Flo qui fuit les fortes températures méridionales et dont le rêve le plus cher est justement de naviguer avec l'Isa de La Rochelle au milieu des icebergs (vous me suivez ?)
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