
Le journal du Médoc
Hebdomadaire, créé en 1997, consacré au Médoc et aux Médocains (informations générales et locales, vie de la vigne et du vin, informations pratiques)
Do you speak surf ?
Dimanche 17 août se déroulent les phases finales du Lacanau Pro. Si vous êtes néophyte du vocabulaire de ce sport, il n?est pas trop tard pour apprendre. C'est sûr, la vague de la plage nord de Lacanau n'arrive pas à la cheville des grandes vagues de la planète surf, Teahupoo (Tahiti), Kirra (Australie) ou Pipeline (Hawaï). Pourtant, les surfeurs du monde entier connaissent la station du 45ème parallèle. Car Lacanau est réputée pour être un « beach break » (vague déferlant sur un fonde de sable). Le surf est un monde, avec ses codes, ses modes, et son vocabulaire où l'anglais est roi. Alors mieux vaut réviser son lexique si l'on veut espérer comprendre quelque chose aux commentaires des juges arbitres de la compétition. La mer et les vagues Curl : partie la plus creuse de la vague. Droite : vague déroulant vers la droite par rapport au surfeur qui démarre. Flat : océan sans vague. Gauche : vague déroulant vers la gauche par rapport au surfeur qui démarre. Glassy : océan offrant une surface de glisse lisse sans vent ou vent off shore (lire plus bas). Inside : zone de déferlement de la vague. Line up : zone où les surfeurs attendent le déferlement de la vague. Peak : point où débute le déferlement de la vague. Point break : vague déferlant sur fond de rocher. Reef break : vague déroulant sur un fond de corail (rare en Médoc). Set : série de vagues. Shore break : vague cassant directement sur le bord du rivage. Spot : endroit où l'on surfe. Swell : houle. Vent On shore : vent du large écrasant les vagues. Off shore : vent de terre creusant les vagues. Les positions sur la planche Backside : debout dos à la vague. Frontside : debout face à la vague. Goofy foot : pied droit devant. (regular) Natural foot : pied gauche devant. Les man?uvres Aerial : décollage au-dessus de la vague. Bottom turn : virage en bas de la vague et prise de vitesse. Cut back : virage intérieur long pour revenir vers l'écume. Floater : dérapage contrôlé sur la lèvre de la vague. Kick-out : se jeter derrière la vague. Off the lip : virage sur la lèvre de la vague. Roller : virage en haut de la vague Re-entrie : roller sur la lèvre d'une vague qui ferme. Session : moment de surf. Take off : débout sur la planche, le départ sur la vague et première descente. Three sixty : tour complet. Tube : le surfeur pénètre dans le rouleau formé par la vague. Wipe out : manoeuvre inclassable ou très très belle gamelle. Le matériel Board : planche. Fins : ailerons. Gun : planche de grosses vagues, effilées, entre 2,30 et 2,80 m. Leash : cordon qui retient la planche au surfeur. Lycra : tee-shirt anti-irritation enfilé sous la combinaison. Pad : antidérapant. Shorty : combinaison à manches et jambes courtes en néoprène. Wax : paraffine que l'on met sur la planche pour ne pas glisser. Shaper : celui qui dessine et fabrique la planche. Le jargon du surfeur Rougne : vague de mauvaise qualité. Taxer : démarrer sur une vague alors qu'il y déjà un surfeur dessus. Cagnasser/ragasser/snaker : chercher la priorité au peak sans attendre son tour. SNI : surfer non-identifié. Beug/biscotte : bodyboard. Bouillon : gamelle, chute. Manger/bouffer/recevoir/ramasser /becqueter : prendre une vague sur la figure et se faire coller au fond. La Chine : beaucoup de monde à l'eau. 
Très chères vacances
Au-delà de l?impression d?une fréquentation touristique en demi-teinte, c?est une réalité sans doute plus complexe que vit le Médoc. Mais une chose est sûre, le pouvoir d?achat en berne des Français modifie de nombreux comportements. C'est la grande question de la saison : le touriste est-il devenu brusquement im-pécunieux ? Il y a les chiffres, clairs, mais sujets à interprétation et puis, en face, le vécu des professionnels du secteur touristique, hôteliers, restaurateurs, gestionnaires de campings. Dans une atmosphère générale proche du catastrophisme, le Médoc semble vivre une saison mitigée, mais très éloignée des chutes abyssales de chiffres d'affaires évoquées ça et là. A la charnière des deux mois de haute saison, la situation tient à la fois de l'histoire du verre à moitié plein ou à moitié vide et du principe des vases communiquants. Pour tenter d'appréhender de la manière la plus précise possible les réalités de l'activité touristique, il est nécessaire de dissocier taux de fréquentation et volume des dépenses effectuées par les touristes. > Première constatation, la saison a eu du mal à commencer. Le 14 juillet, sans pont cette année, n'a pas véritablement lancé l'activité comme il est de coutume. Ensuite, la clientèle française s'est faite moins nombreuse sur les trois premières semaines de juillet (- 20% à Soulac par exemple), alors que les Hollandais, Allemands, Espagnols, Anglais et Scandinaves étaient en Médoc globalement plus nombreux que les années précédentes. Les réservations enregistrées pour les trois premières semaines d'août sont satisfaisantes et les professionnels font montre d'un optimisme réel. Les touristes sont là, au moins aussi nombreux en Médoc que l'an passé. L'évolution de la fréquentation ne semble pas devoir évoluer de manière significative. En revanche, les comportements changent. Et la coupable est toute désignée : la baisse du pouvoir d'achat. Elle se ressent dans tous les secteurs. Frédéric Quillet, qui gère avec son père, Gérard, le camping des Familles, à Grayan-et-l'Hôpital, constate : « La fréquentation est bonne, nous sommes contents de l'activité en juillet et le mois d'août sera bon également, mais nous voyons bien que les gens ont moins d'argent, que la vie est plus difficile et nous avons vu disparaître une frange de clientèle très modeste qui, à l'évidence, ne peut plus partir en vacances ». Au camping des Familles, les Hollandais sont nombreux et appréciés. Ils aiment le Médoc où ils arrivent décontractés, heureux d'être là. La durée des séjours n'y est jamais inférieure à une semaine et la clientèle familiale y est fidèle. Dès septembre arriveront par Internet les demandes de réservation d'emplacement et d'un mobil-home pour 2009. Internet, le mot est magique et la chose plus encore. Frédéric Quillet passe deux ou trois heures par matinée à répondre aux mails qu'il reçoit via le site web de l'établissement. 90% des réservations et des courriers échangés avec les clients passent par là. Outil de prospection sans frontières, il contribue à drainer vers le Médoc beaucoup de touristes européens. > Par ailleurs, le camping a toujours été un lieu de mixité sociale. Dans le Médoc comme ailleurs, les cadres moyens ou supérieurs se fondent parmi une population d'origine sociale plus modeste. Le phénomène est historique, même si certains croient y voir une nouveauté. En outre, le caravaning reprend du poil de la bête. Les caravanes neuves sont plus nombreuses que par le passé au camping des Familles, alors que la vente des camping-cars, dévoreurs de carburant, s'effondre. En Médoc comme partout ailleurs, les changements significatifs concernent donc moins le type d'hébergement que le comportement en matière de consommation durant le séjour. Premiers visés, les cafés et restaurants (voir les témoignages recueillis à Lacanau). La variable d'ajustement, comme disent les économistes, est, à l'évidence, le budget « nourriture ». Les vacanciers délaissent les marchés et les commerces de proximité au profit des grandes surfaces. En Médoc, l'été est toujours une période de chiffres d'affaires élevés en super et hypermarchés. On pouvait supposer qu'à population touristique égale ou à peu près, la marge de progression serait faible. Surprise, certaines semaines, le chiffre d'affaires de la grande distribution progresse de 15% par rapport à l'an passé. Toutes les enseignes sont concernées, y compris, bien sûr, les hard discounters. Des magasins sont même contraints de réguler l'entrée des clients à certains moments de la journée pour des raisons de sécurité. > Les restaurateurs et cafetiers, eux, souffrent. Mais lorsqu'on interroge les professionnels, on voit se dessiner une fracture qui va s'élargissant entre ceux qui sont ouverts toute l'année, ou presque, et les « saisonniers » qui exploitent de fin juin à fin août. Deux logiques économiques s'affrontent. Les premiers se font imaginatifs, tentent de s'adapter aux nouveaux comportements des consommateurs en élargissant leur offre. Les seconds semblent devoir rester dans une logique simple : faire, en deux mois, le revenu de six ou huit mois. Devant le « braquage en douceur » que constituent le melon à 4,30 €, le petit noir à 2,70 € ou encore la crêpe au sucre à 4 €, le client préfère s'abstenir et on peut le comprendre. Le bilan que dresseront les professionnels à la fin de la saison risque de provoquer quelques échanges animés entre gens de métier. Pour autant, les touristes ne renoncent pas à tous les petits plaisirs. Au camping, on se rassemble toujours volontiers pour les apéros traditionnels, les snacks à tarif raisonnable tournent à plein. Selon Dominique Roy, directeur de l'office de tourisme de Lacanau, il semble que la ligne infranchissable pour ceux qui décident de s'offrir une soirée au restaurant se situe entre 20 et 25 € par personne, vin et café compris. C'est ainsi que le dîner-spectacle de fin juillet à Lacanau-océan, qui rassemblait 90 à 100 convives chaque année, a dû être annulé cette année, faute de réservations en nombre suffisant. Le tarif était fixé à 35 € par personne. En revanche, les activités de sortie en forêt en calèche connaissent un succès qui ne se dément pas. Elles se déroulent de 19 h 30 à 22 h 30 avec dégustation de foie gras, un verre de Sauternes et un cannelé, le tout pour 25 € par personne et 12,50 € pour les enfants. > Au sommet de la hiérarchie des établissements hôteliers, les châteaux-hôtels du vignoble semblent échapper à la crise. Au château Cordeillan-Bages, à Pauillac, par exemple, l'activité est excellente et conforme aux attentes. Seuls quelques clients américains manquent à l'appel pour cause d'euro trop cher. Les chiffres diront en fin de saison combien les touristes ont dépensé et comment. Ils feront apparaître la disparition d'une totale insouciance liée aux vacances, qui faisait s'ouvrir le porte-monnaie de façon parfois inconsidérée. Les professionnels doivent désormais en tenir compte. Et puis, le petit plus, celui que les commerçants, cafetiers et hôteliers peuvent offrir sans rogner le moins du monde sur leur marge, ce qui convainc souvent le client de revenir, cela porte un joli nom : le sourire. Il va bien à la richesse des paysages médocains. Même si tous ne semblent pas en être convaincus. 
Vacances tragiques
Mercredi 23 juillet à Soulac-sur-mer, une puissante explosion - très certainement celle d?une bouteille de gaz - a blessé cinq personnes, dont deux très gravement : une mère et sa fille de 10 ans. Elles étaient en réanimation mercredi soir. Il était 5 h 10 lorsque les habitants du quartier de la rue de la Plage au centre de Soulac-sur-mer sont réveillés par une forte explosion qui vient de réduire en un tas de gravats un pan entier d'un immeuble abritant des familles de vacanciers, au 5, rue du Docteur Saint-Philippe, ainsi qu'une maisonnette mitoyenne. Les gendarmes mobiles en renfort d'été sur Soulac, qui se trouvent à proximité, sont les premiers sur place, immédiatement suivis par les gendarmes de la brigade de Soulac et les pompiers du centre de secours. Devant l'ampleur du sinistre, des renforts sont mobilisés dans la minute et rejoignent Soulac depuis les centres de secours du Médoc. Au plus fort de l'intervention, soixante hommes et des engins de secours divers sont à l'?uvre, en provenance de Soulac, Pauillac, Lesparre et Saint-Vivien, sous le commandement du capitaine Billault du S.D.I.S. (service départemental d'incendie et de secours) 33. La cellule de sauvetage et de déblaiement de Bordeaux gagne les lieux, tandis qu'un chien de recherche de victimes de la brigade cynophile des sapeurs-pompiers intervient rapidement. > Quatre blessés graves sont secourus immédiatement, mais une fillette de 10 ans reste ensevelie sous les décombres. Elle est rapidement localisée, en vie, par les sauveteurs et le chien de recherche. Extraite avec précautions, dans un état extrêmement sérieux, elle a été évacuée par l'hélicoptère Dragon33. Sa mère, âgée d'une trentaine d'années, est très gravement atteinte, également dirigée par hélicoptère vers le Tripode de Bordeaux tandis que le père (41 ans) et le petit frère de 7 ans, plus légèrement atteints mais très choqués, ont été évacués par ambulances vers Bordeaux. Cette famille, venue de la région lyonnaise, louait un appartement pour les vacances. La cinquième victime, un homme de 59 ans, occupant l'appartement du rez-de-chaussée - où a, semble-t-il, eu lieu l'explosion -, atteint de graves brûlures, a été évacué lui aussi par hélicoptère peu avant 10 heures après avoir été soigné dans l'une des ambulances du SAMU appelées sur place. Une sixième victime, un jeune homme choqué après s'être retrouvé brièvement enseveli sous les gravats, s'en sort miraculeusement avec quelques légères plaies et une bosse à la tête. Onze personnes proches du lieu de l'explosion et en état de choc étaient, quant à elles, prises en charge par les pompiers et le SAMU. > Les opérations de secours achevées, un périmètre de sécurité a été délimité par les gendarmes sous le commandement du capitaine Daugérias, adjoint de compagnie du Médoc. Les hommes de la brigade de recherche de Lesparre ont alors pu commencer leur enquête pour déterminer les causes de l'explosion, en attendant l'ouverture officielle d'une enquête par le parquet. L'hypothèse de la fuite d'une bouteille de gaz était ce mercredi la plus probable, car la ville de Soulac n'est pas équipée d'un réseau de gaz de ville. En tout début de matinée, le sous-préfet de l'arrondissement de Lesparre, Olivier Delcayrou, et le sénateur-maire de Soulac Xavier Pintat, immédiatement sur place, ont pu dresser un premier bilan général de cet événement dramatique survenu au c?ur de la saison estivale. L'immeuble touché est une construction comprenant six appartements. Neuf personnes au minimum doivent être relogées en urgence, pour celles du moins qui souhaitent poursuivre leur séjour. Un psychologue du SAMU, appelé sur place pour leur venir en aide, devait être secondé dans la journée par une cellule complète d'aide psychologique. > Le sous-préfet et le maire de Soulac soulignent la rapidité et l'efficacité des secours devant un événement aussi rare et dramatique dans le nord Médoc. Les employés municipaux, qui prenaient leur service à 5 heures, se sont également immédiatement mobilisés pour apporter leur soutien aux riverains touchés par le sinistre. Vers 9 heures du matin, les Soulacais ont découvert, dans un silence recueilli, l'ampleur du sinistre et, en fin de matinée, la station a repris vie avec l'arrivée en rang serré des voitures de ceux qui venaient passer la journée à la plage, dans l'ignorance du drame de la fin de nuit. 
Il était une fois?
Cette année, ce sont les contes de fées et contes de l?enfance qui ont enflammé l'imagination débridée des mounaqueurs de Vensac. « Il était une fois... » La célèbre formule qui ouvre les contes de fées nous entraîne aussitôt hors du temps, quelque part au pays des fées, nulle part ou ailleurs... Ici, princesses et fées, princes charmants, ogres et nains, issus de contes pour enfants, se sont posés à Vensac, charmant village médocain. Sur ce thème, une vingtaine de tableaux aux décors fabuleux ont été réalisés avec plus de cinquante mounaques, ces poupées de chiffon et de paille à taille humaine. Décorer, animer, faire connaître Vensac : tel est l'esprit qui anime les « Joyeux Mounaqueurs », groupe d'une cinquantaine de bénévoles, amoureux de leur village. Ils réalisent, chaque année depuis 2001, les célèbres mounaques, qui seront exposées tout au long de l'été, au c?ur du village. Sur un thème choisi en début d'année, les mounaqueurs travaillent un long semestre, se réunissent lors d'ateliers hebdomadaires, en plus du travail effectué chez soi, seul ou par petit groupes. Création des décors, peinture, montage, cloutage, ciment, soudure, couture, mise en scène... Le travail ne manque pas pour être prêt fin juin ! Au fil de la balade proposée cet été, on rencontre fées, ogres et sorcières... tous les personnages des contes de Charles Perrault, qui collecta et fixa par écrit des récits populaires issus de la tradition orale : la Belle au bois dormant et son prince charmant, Cendrillon et ses soeurs, le Chat botté... Au détour d'un superbe escalier tendu de velours rouge, voilà la Petite Sirène d'Andersen (aux formes très réussies !), Blanche-Neige et Atchoum, l'un des sept nains imaginés par les frères Grimm. Au coin de la cheminée, le petit Chaperon rouge discute avec mère-grand, tandis que, sur le toit, le loup enjambe la cheminée... Enfin, ne manquez pas le bateau du capitaine Crochet, Peter Pan et la Fée Clochette... ou le grand-père de Kirikou, trônant dans sa grotte bleutée et magique, racontant la suite des aventures du petit garçon et de la sorcière Karaba. Princesses et marâtres, héros et magiciens sont représentés avec une multitude de détails infimes, drôles et évocateurs. Tout est fait manuellement, décors et vêtements, dont certains sont de splendides costumes de théâtre qui ont été offerts à l'association. Le bateau du capitaine Crochet, par exemple, est un bateau de pêche trouvé dans un jardin et retapé. Alors, pour retrouver une âme d'enfant, rendez-vous à Vensac durant tout l'été. 
Un Médocain à Pékin
Le jeune nageur Castelnaudais défendra les couleurs de la France aux Jeux paralympiques de Pékin. Samedi 21 juin, 18 heures, le rêve de Yann Nouard est en passe de se concrétiser. Il vient d'apprendre sur le site internet de la Fédération française handisport qu'il est sélectionné pour le «100 m dos » des Jeux paralympiques de Pékin. Le nom du jeune nageur castelnaudais apparaît bien, en bonne et due forme, dans la liste des nageurs français qualifiés pour les prochains Jeux paralympiques, qui se dérouleront après les Jeux olympiques sur les mêmes sites, du 6 au 17 septembre. Même s'il figurait parmi les favoris pour l'une des cinq places que convoitaient également neuf autres présélectionnés (voir JdM du 13 avril 2007), l'officialisation de sa sélection le comble évidemment de joie. C'est au CREPS (centre régional d'éducation physique et sportive) de Talence, où il s'est installé et où il peaufine quotidiennement sa préparation, que nous l'avons rencontré. Journal du Médoc : Quels sentiments éprouvez-vous à l'annonce de votre sélection ? Yann Nouard : Un grand bonheur, et un grand soulagement, car je m'étais beaucoup investi pour aller à ces jeux . JdM : Comment vous êtes- vous préparé à l'échéance olympique ? Y.N. : En début de saison, je nageais deux fois par jour, 7 km le matin et 6 km le soir, uniquement en dos. Depuis quatre à cinq mois, je fais énormément de musculation et je nage tous les jours de 5 à 6 km dans toutes les nages (il est également recordman de France du 400 nage libre en 5 mn 08 s, NDLR). JdM : Comment vous situez-vous par rapport à vos adversaires et quelles sont vos ambitions aux jeux ? Y.N. : Mon meilleur temps sur 100 m dos, qui est de 1 mn 16 s 85 c (record de France), est très loin de celui des deux meilleurs engagés, qui sont respectivement à 1 mn 09 s et 1 mn 11 s. Si la victoire semble inaccessible, je vise par contre une place en finale, avec un record de France à la clef. JdM : Quels points spécifiques travaillez-vous actuellement ? Y.N. : Avec mon entraîneur, Bruno Ré, on met l'accent sur la musculation pour gagner en puissance de bras (compte tenu de son handicap, Yann Nouard nage essentiellement avec les bras, NDLR) sans oublier, bien sûr, la technique spécifique de nage. JdM : Votre mental, qu'on sait très fort, sera-t-il aussi un de vos atouts ? Y.N. : Je viens de tellement loin que c'est un rêve qui se réalise, donc une motivation énorme pour bien figurer aux Jeux. Mon expérience du haut niveau depuis trois ans, aussi bien en Europe que dans le monde, me donne aussi beaucoup de confiance. JdM: Le fait que la France soit traditionnellement une nation forte en natation paralympique n'est-il pas un atout supplémentaire ? Y.N. : L'exemple de la nageuse hémiplégique française Béatrice Hess, championne olympique à Sydney et Athènes, donne à tous les nageurs français une raison supplémentaire de se dépasser. Son entraîneur Bruno Ré, qui lui fait avaler des séries comme n'importe quel valide, le voit bien rentrer en finale : « Il sera beaucoup plus compétitif en 2012 à Londres, mais avec sa force mentale hors norme et la préparation qu'il a suivie ces derniers temps, il est capable de se surpasser dès cette année ». Devenir le premier sportif médocain présent dans une finale olympique sera aussi un sacré challenge pour le Castelnaudais Yann Nouard. Un nageur de combat Yann Nouard, jeune sportif de 22 ans, est atteint d'une malformation des fémurs, appelée dysplasie fémorale bilatérale, qui l'a empêchée de réaliser son rêve de devenir un jour footballeur professionnel. Cependant, son handicap va lui ouvrir les portes d'un autre sport, la natation de compétition. Le déclic se produit à l'âge de 12 ans, quand il se jette à l'eau pour le plaisir à la piscine de l'Institut d'éducation motrice d'Eysines. Rapidement, il montre des talents de nageur exceptionnels, au point de devenir recordman de France handisport au 100 mètres dos et au relais 4 x 50 mètres. Pourtant la vie n'a pas toujours été facile pour Yann. Après le décès de sa mère en 2004, il rejoint son oncle et sa tante à Castelnau-de-Médoc et intègre le Bordeaux Etudiants Club, où il nage tous les jours de 17 heures à 19 heures depuis deux ans. Résultat : les records de France tombent à la pelle, au point que notre champion vise désormais une place de finaliste aux Jeux paralympiques de Pékin, où sa motivation et sa force mentale seront des atouts non négligeables. 
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