
Le journal du Médoc
Hebdomadaire, créé en 1997, consacré au Médoc et aux Médocains (informations générales et locales, vie de la vigne et du vin, informations pratiques)
Un Médocain à Pékin
Le jeune nageur Castelnaudais défendra les couleurs de la France aux Jeux paralympiques de Pékin.
Samedi 21 juin, 18 heures, le rêve de Yann Nouard est en passe de se concrétiser. Il vient d'apprendre sur le site internet de la Fédération française handisport qu'il est sélectionné pour le «100 m dos » des Jeux paralympiques de Pékin. Le nom du jeune nageur castelnaudais apparaît bien, en bonne et due forme, dans la liste des nageurs français qualifiés pour les prochains Jeux paralympiques, qui se dérouleront après les Jeux olympiques sur les mêmes sites, du 6 au 17 septembre. Même s'il figurait parmi les favoris pour l'une des cinq places que convoitaient également neuf autres présélectionnés (voir JdM du 13 avril 2007), l'officialisation de sa sélection le comble évidemment de joie. C'est au CREPS (centre régional d'éducation physique et sportive) de Talence, où il s'est installé et où il peaufine quotidiennement sa préparation, que nous l'avons rencontré.
Journal du Médoc : Quels sentiments éprouvez-vous à l'annonce de votre sélection ?
Yann Nouard : Un grand bonheur, et un grand soulagement, car je m'étais beaucoup investi pour aller à ces jeux .
JdM : Comment vous êtes- vous préparé à l'échéance olympique ?
Y.N. : En début de saison, je nageais deux fois par jour, 7 km le matin et 6 km le soir, uniquement en dos. Depuis quatre à cinq mois, je fais énormément de musculation et je nage tous les jours de 5 à 6 km dans toutes les nages (il est également recordman de France du 400 nage libre en 5 mn 08 s, NDLR).
JdM : Comment vous situez-vous par rapport à vos adversaires et quelles sont vos ambitions aux jeux ?
Y.N. : Mon meilleur temps sur 100 m dos, qui est de 1 mn 16 s 85 c (record de France), est très loin de celui des deux meilleurs engagés, qui sont respectivement à
1 mn 09 s et 1 mn 11 s. Si la victoire semble inaccessible, je vise par contre une place en finale, avec un record de France à la clef.
JdM : Quels points spécifiques travaillez-vous actuellement ?
Y.N. : Avec mon entraîneur, Bruno Ré, on met l'accent sur la musculation pour gagner en puissance de bras (compte tenu de son handicap, Yann Nouard nage essentiellement avec les bras, NDLR) sans oublier, bien sûr, la technique spécifique de nage.
JdM : Votre mental, qu'on sait très fort, sera-t-il aussi un de vos atouts ?
Y.N. : Je viens de tellement loin que c'est un rêve qui se réalise, donc une motivation énorme pour bien figurer aux Jeux. Mon expérience du haut niveau depuis trois ans, aussi bien en Europe que dans le monde, me donne aussi beaucoup de confiance.
JdM: Le fait que la France soit traditionnellement une nation forte en natation paralympique n'est-il pas un atout supplémentaire ?
Y.N. : L'exemple de la nageuse hémiplégique française Béatrice Hess, championne olympique à Sydney et Athènes, donne à tous les nageurs français une raison supplémentaire de se dépasser.
Son entraîneur Bruno Ré, qui lui fait avaler des séries comme n'importe quel valide, le voit bien rentrer en finale : « Il sera beaucoup plus compétitif en 2012 à Londres, mais avec sa force mentale hors norme et la préparation qu'il a suivie ces derniers temps, il est capable de se surpasser dès cette année ».
Devenir le premier sportif médocain présent dans une finale olympique sera aussi un sacré challenge pour le Castelnaudais Yann Nouard.
Journal du Médoc : Quels sentiments éprouvez-vous à l'annonce de votre sélection ?
Yann Nouard : Un grand bonheur, et un grand soulagement, car je m'étais beaucoup investi pour aller à ces jeux .
JdM : Comment vous êtes- vous préparé à l'échéance olympique ?
Y.N. : En début de saison, je nageais deux fois par jour, 7 km le matin et 6 km le soir, uniquement en dos. Depuis quatre à cinq mois, je fais énormément de musculation et je nage tous les jours de 5 à 6 km dans toutes les nages (il est également recordman de France du 400 nage libre en 5 mn 08 s, NDLR).
JdM : Comment vous situez-vous par rapport à vos adversaires et quelles sont vos ambitions aux jeux ?
Y.N. : Mon meilleur temps sur 100 m dos, qui est de 1 mn 16 s 85 c (record de France), est très loin de celui des deux meilleurs engagés, qui sont respectivement à
1 mn 09 s et 1 mn 11 s. Si la victoire semble inaccessible, je vise par contre une place en finale, avec un record de France à la clef.
JdM : Quels points spécifiques travaillez-vous actuellement ?
Y.N. : Avec mon entraîneur, Bruno Ré, on met l'accent sur la musculation pour gagner en puissance de bras (compte tenu de son handicap, Yann Nouard nage essentiellement avec les bras, NDLR) sans oublier, bien sûr, la technique spécifique de nage.
JdM : Votre mental, qu'on sait très fort, sera-t-il aussi un de vos atouts ?
Y.N. : Je viens de tellement loin que c'est un rêve qui se réalise, donc une motivation énorme pour bien figurer aux Jeux. Mon expérience du haut niveau depuis trois ans, aussi bien en Europe que dans le monde, me donne aussi beaucoup de confiance.
JdM: Le fait que la France soit traditionnellement une nation forte en natation paralympique n'est-il pas un atout supplémentaire ?
Y.N. : L'exemple de la nageuse hémiplégique française Béatrice Hess, championne olympique à Sydney et Athènes, donne à tous les nageurs français une raison supplémentaire de se dépasser.
Son entraîneur Bruno Ré, qui lui fait avaler des séries comme n'importe quel valide, le voit bien rentrer en finale : « Il sera beaucoup plus compétitif en 2012 à Londres, mais avec sa force mentale hors norme et la préparation qu'il a suivie ces derniers temps, il est capable de se surpasser dès cette année ».
Devenir le premier sportif médocain présent dans une finale olympique sera aussi un sacré challenge pour le Castelnaudais Yann Nouard.
Un nageur de combat
Yann Nouard, jeune sportif de 22 ans, est atteint d'une malformation des fémurs, appelée dysplasie fémorale bilatérale, qui l'a empêchée de réaliser son rêve de devenir un jour footballeur professionnel. Cependant, son handicap va lui ouvrir les portes d'un autre sport, la natation de compétition. Le déclic se produit à l'âge de 12 ans, quand il se jette à l'eau pour le plaisir à la piscine de l'Institut d'éducation motrice d'Eysines. Rapidement, il montre des talents de nageur exceptionnels, au point de devenir recordman de France handisport au 100 mètres dos et au relais 4 x 50 mètres. Pourtant la vie n'a pas toujours été facile pour Yann. Après le décès de sa mère en 2004, il rejoint son oncle et sa tante à Castelnau-de-Médoc et intègre le Bordeaux Etudiants Club, où il nage tous les jours de 17 heures à
19 heures depuis deux ans. Résultat : les records de France tombent à la pelle, au point que notre champion vise désormais une place de finaliste aux Jeux paralympiques de Pékin, où sa motivation et sa force mentale seront des atouts non négligeables.
19 heures depuis deux ans. Résultat : les records de France tombent à la pelle, au point que notre champion vise désormais une place de finaliste aux Jeux paralympiques de Pékin, où sa motivation et sa force mentale seront des atouts non négligeables.
Le monde selon Jân
Après le fiasco de l’Euro 2008, réunion de crise à la Fédération française de football.
Quatrième round
4Gas veut aller au bout de son projet « Pegaz » ? L’association « Une Pointe pour Tous » est prête pour le dernier round. La rive droite de l’estuaire est davantage mobilisée. Le député-maire de Royan assure que le terminal n’a quasiment aucune chance d’aboutir.
Porte-parole de l'association médocaine « Une Pointe pour Tous - le collectif des deux rives », Jean-Marie Andreux n'a pas manqué de faire le rapprochement avec la récente déroute de l'équipe de France de football : « Nous avons été battus par les Hollandais à l'Euro de foot, mais c'est la dernière fois », a-t-il prédit, espérant faire échec à la société néerlandaise 4Gas. De sa voix tonitruante, le député-maire UMP de Royan, Didier Quentin, s'est, quant à lui, employé à galvaniser les troupes des opposants au projet, venus des deux rives de l'estuaire (et disons-le, davantage de la rive droite), rassemblés ce samedi 14 juin sur la plage de la Chambrette du Verdon-sur-mer. Là, à quelques centaines de mètres du terrain du PAB (port autonome de Bordeaux) réservé par 4Gas pour y construire un terminal méthanier. Une matinée pour montrer que les « anti » restent mobilisés. Pas un grain de sable dans l'organisation, communication bien huilée, diffusion d'une pleine page dans le quotidien « Sud Ouest » (« Lettre ouverte aux dirigeants de 4Gas »), des militants portant des pancartes revendicatives jaune fluo bien comme il faut, prompts à prendre la pose adéquate pour les photographes de la presse ou pour la télévision (France 3 Aquitaine).
> Place désormais au quatrième round du combat entamé voici plus d'un an. Il y eut d'abord le round d'observation, avant le débat public, où « Une Pointe pour Tous » a élaboré sa stratégie, évalué les forces et les faiblesses de l'adversaire. Puis le débat public lui-même, qui fut pour le moins viril. Ensuite l'attente de la décision de 4Gas, après le bilan de la commission nationale du débat public. Enfin, l'annonce de la décision de la société néerlandaise d'aller au bout du développement de son projet, un quatrième round où le combat politique a pris de l'ampleur. Didier Quentin a martelé qu'il y a « 99 chances sur 100 pour que cette affaire ne se fasse pas ». Et de se targuer, dans un exercice de « name-dropping », d'en avoir touché deux mots au président de la République en personne (on sait que Nicolas Sarkozy a passé, enfant, quelques vacances à Pontaillac, près de Royan), également au ministre de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire, Jean-Louis Borloo, qui lui aurait garanti que « ça ne se fera pas ». Un mot glissé aussi au Premier ministre François Fillon, dans l'avion qui les emmenait au Japon. Reçu par le député de Charente à l'Assemblée nationale, Henk Jonkman, directeur de 4Gas France, a été informé de ces avis émis depuis le sommet de l'Etat français. Avis étayé par Dominique Bussereau, président du Conseil général de Charente-Maritime, et secrétaire d'Etat chargé des Transports auprès de Jean-Louis Borloo.
> « Une Pointe pour Tous » attend désormais un « veto gouvernemental ». Son secrétaire général, Philippe Lucet, a clairement fait comprendre qu'il attend que les paroles des parlementaires de la majorité gouvernementale (Quentin et Pintat) se transforment en actes. Un cabinet d'avocats international et un avocat français seraient sur le qui-vive, pour le compte de l'association, si l'Etat venait à donner le feu vert à 4Gas. Thierry Teneau a fait part à Xavier Pintat d'une demande de l'association : que les documents d'urbanisme - P.L.U. pour Le Verdon et S.C.O.T. pour la communauté de communes Pointe du Médoc* - soient des garde-
fous l'intégration d'infrastructures industrielles à risque. Il coince même le maire de Soulac lorsqu'il affirme avoir consulté des documents préparatoires au S.C.O.T., datant de mars 2007, où figurait déjà un projet de port méthanier. Sous-entendu : les élus de la Pointe étaient peut-être au courant dès 2006, en tout cas avant que 4Gas ne rende public son projet. Exercice d'évitement de Xavier Pintat, qui n'a pas répondu à cette question.
Philippe Lucet met également la pression sur la D.R.I.R.E. (Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement) en notant que celle-ci est plus prompte à refuser le permis de construire au fonds d'investissement luxembourgeois Geovia (projet de création d'une plateforme logistique sur un terrain du PAB au Verdon) pour « un problème de rejet d'eaux pluviales dans le cadre de Natura 2000 », qu'à chercher des poux dans la tête d'un projet industriel classé Seveso 2 seuil haut. Selon lui, début 2007, avant que le débat public ne soit envisagé, « la D.R.I.R.E. était prête à instruire le dossier 4Gas » en demandant juste quelques aménagements. Sous-entendu, si une opposition organisée ne s'était pas manifestée, « Pegaz » serait passéecomme une lettre à la poste.
> Didier Quentin, encore lui : « Il est assez rare que j'applaudisse Noël Mamère, il est assez rare que Henri Sabarot, président de la Fédération des chasseurs de la Gironde, et Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue de protection des oiseaux, se retrouvent sur une pétition commune. Le fait qu'ils soient sur notre pétition veut bien dire que notre mouvement est consensuel. » Pétition où l'on retrouve aussi, entre autres, la Fédération française de naturisme et la Fédération française de surf. En revanche, peu ou pas d'élus médocains sur cette pétition, hormis le sénateur-maire UMP de Soulac-sur-mer Xavier Pintat, Henri Sabarot, maire de Carcans, et Serge Laporte, conseiller général PS et maire de Grayan-et-l'Hôpital. Les opposants au projet de 4Gas espèrent toujours que les maires de la presqu'île se positionnent pour ou contre et proposent à la communauté de communes Pointe du Médoc de se fendre d'une motion à ce sujet. « Une Pointe pour Tous », dont on se souvient qu'elle avait largement critiqué l'initiative du maire du Verdon Jacques Bidalun, n'hésite pas à utiliser comme argument le résultat de la consultation communale symbolique organisée le 13 avril dernier sur la question du terminal : 68 % des votants s'étaient déclarés opposés au projet… mais pour un taux de participation de seulement 59,5 %.
> Xavier Pintat, pour sa part, n'a fait son apparition que lors de l'assemblée générale de « Une Pointe pour Tous », au Palais des congrès de Soulac, devant environ quatre cents participants (l'association revendique cinq mille adhérents). Si le bureau de l'association reste pour l'instant inchangé, le conseil d'administration a été élargi avec sept sièges attribués à des représentants de la rive droite de l'estuaire. D'ici la fin du mois de juin, 4Gas aura déposé sa demande d'autorisation d'exploiter et « estime que la construction pourrait débuter au premier semestre 2010, dans ce cas le terminal pourrait devenir opérationnel en 2013 », peut-on lire dans l'acte du 6 juin 2008 où la société néerlandaise précise les conditions de poursuite de « Pegaz ».
Didier Quentin a beau dire que les chances sont quasi-nulles de voir les cuves de stockage de GNL (gaz naturel liquéfié) sortir de terre, reste toujours 1 % de chances. Alors, on a entendu quelques militants anti-terminal préconiser le plus tôt possible des actions coups de poing pour marquer les esprits. Jusqu'à présent, « Une Pointe pour Tous » semble tenir ses troupes. Jusqu'à présent.
* P.L.U. : plan local d'urbanisme.
S.C.O.T. : schéma de cohérence et d'organisation territoriale
> Place désormais au quatrième round du combat entamé voici plus d'un an. Il y eut d'abord le round d'observation, avant le débat public, où « Une Pointe pour Tous » a élaboré sa stratégie, évalué les forces et les faiblesses de l'adversaire. Puis le débat public lui-même, qui fut pour le moins viril. Ensuite l'attente de la décision de 4Gas, après le bilan de la commission nationale du débat public. Enfin, l'annonce de la décision de la société néerlandaise d'aller au bout du développement de son projet, un quatrième round où le combat politique a pris de l'ampleur. Didier Quentin a martelé qu'il y a « 99 chances sur 100 pour que cette affaire ne se fasse pas ». Et de se targuer, dans un exercice de « name-dropping », d'en avoir touché deux mots au président de la République en personne (on sait que Nicolas Sarkozy a passé, enfant, quelques vacances à Pontaillac, près de Royan), également au ministre de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire, Jean-Louis Borloo, qui lui aurait garanti que « ça ne se fera pas ». Un mot glissé aussi au Premier ministre François Fillon, dans l'avion qui les emmenait au Japon. Reçu par le député de Charente à l'Assemblée nationale, Henk Jonkman, directeur de 4Gas France, a été informé de ces avis émis depuis le sommet de l'Etat français. Avis étayé par Dominique Bussereau, président du Conseil général de Charente-Maritime, et secrétaire d'Etat chargé des Transports auprès de Jean-Louis Borloo.
> « Une Pointe pour Tous » attend désormais un « veto gouvernemental ». Son secrétaire général, Philippe Lucet, a clairement fait comprendre qu'il attend que les paroles des parlementaires de la majorité gouvernementale (Quentin et Pintat) se transforment en actes. Un cabinet d'avocats international et un avocat français seraient sur le qui-vive, pour le compte de l'association, si l'Etat venait à donner le feu vert à 4Gas. Thierry Teneau a fait part à Xavier Pintat d'une demande de l'association : que les documents d'urbanisme - P.L.U. pour Le Verdon et S.C.O.T. pour la communauté de communes Pointe du Médoc* - soient des garde-
fous l'intégration d'infrastructures industrielles à risque. Il coince même le maire de Soulac lorsqu'il affirme avoir consulté des documents préparatoires au S.C.O.T., datant de mars 2007, où figurait déjà un projet de port méthanier. Sous-entendu : les élus de la Pointe étaient peut-être au courant dès 2006, en tout cas avant que 4Gas ne rende public son projet. Exercice d'évitement de Xavier Pintat, qui n'a pas répondu à cette question.
Philippe Lucet met également la pression sur la D.R.I.R.E. (Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement) en notant que celle-ci est plus prompte à refuser le permis de construire au fonds d'investissement luxembourgeois Geovia (projet de création d'une plateforme logistique sur un terrain du PAB au Verdon) pour « un problème de rejet d'eaux pluviales dans le cadre de Natura 2000 », qu'à chercher des poux dans la tête d'un projet industriel classé Seveso 2 seuil haut. Selon lui, début 2007, avant que le débat public ne soit envisagé, « la D.R.I.R.E. était prête à instruire le dossier 4Gas » en demandant juste quelques aménagements. Sous-entendu, si une opposition organisée ne s'était pas manifestée, « Pegaz » serait passéecomme une lettre à la poste.
> Didier Quentin, encore lui : « Il est assez rare que j'applaudisse Noël Mamère, il est assez rare que Henri Sabarot, président de la Fédération des chasseurs de la Gironde, et Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue de protection des oiseaux, se retrouvent sur une pétition commune. Le fait qu'ils soient sur notre pétition veut bien dire que notre mouvement est consensuel. » Pétition où l'on retrouve aussi, entre autres, la Fédération française de naturisme et la Fédération française de surf. En revanche, peu ou pas d'élus médocains sur cette pétition, hormis le sénateur-maire UMP de Soulac-sur-mer Xavier Pintat, Henri Sabarot, maire de Carcans, et Serge Laporte, conseiller général PS et maire de Grayan-et-l'Hôpital. Les opposants au projet de 4Gas espèrent toujours que les maires de la presqu'île se positionnent pour ou contre et proposent à la communauté de communes Pointe du Médoc de se fendre d'une motion à ce sujet. « Une Pointe pour Tous », dont on se souvient qu'elle avait largement critiqué l'initiative du maire du Verdon Jacques Bidalun, n'hésite pas à utiliser comme argument le résultat de la consultation communale symbolique organisée le 13 avril dernier sur la question du terminal : 68 % des votants s'étaient déclarés opposés au projet… mais pour un taux de participation de seulement 59,5 %.
> Xavier Pintat, pour sa part, n'a fait son apparition que lors de l'assemblée générale de « Une Pointe pour Tous », au Palais des congrès de Soulac, devant environ quatre cents participants (l'association revendique cinq mille adhérents). Si le bureau de l'association reste pour l'instant inchangé, le conseil d'administration a été élargi avec sept sièges attribués à des représentants de la rive droite de l'estuaire. D'ici la fin du mois de juin, 4Gas aura déposé sa demande d'autorisation d'exploiter et « estime que la construction pourrait débuter au premier semestre 2010, dans ce cas le terminal pourrait devenir opérationnel en 2013 », peut-on lire dans l'acte du 6 juin 2008 où la société néerlandaise précise les conditions de poursuite de « Pegaz ».
Didier Quentin a beau dire que les chances sont quasi-nulles de voir les cuves de stockage de GNL (gaz naturel liquéfié) sortir de terre, reste toujours 1 % de chances. Alors, on a entendu quelques militants anti-terminal préconiser le plus tôt possible des actions coups de poing pour marquer les esprits. Jusqu'à présent, « Une Pointe pour Tous » semble tenir ses troupes. Jusqu'à présent.
* P.L.U. : plan local d'urbanisme.
S.C.O.T. : schéma de cohérence et d'organisation territoriale
Un débat dans le vent
Le projet des éoliennes dans la Forêt du Flamand à Naujac-sur-mer, était le sujet d’une réunion publique organisée par la nouvelle municipalité, avec le maître d’ouvrage Valorem.
Malgré le match de football France/Pays-Bas, le public s'est déplacé nombreux, le 13 juin à la salle des fêtes de Naujac, pour la réunion organisée par la mairie et la société Valorem portant sur l'éventuelle installation d'éoliennes dans la forêt du Flamand, à Saint-Isidore. A la tribune, le maire de Naujac, Jean-Bernard Dufourd, entouré de deux adjoints, et la société béglaise Valorem représentée par Vincent Vignon et Gérald Brun. Dans la salle, outre de nombreux Naujacais, le conseiller général Francis Magenties, la conseillère régionale Claire Le Lann, du groupe des Verts, mais qui précise qu'elle représente ce soir la majorité du Conseil régional, et notamment le président Alain Rousset. On remarque aussi Jean-Francis Séguy, qui représente l'association « Vive la forêt », Stéphane Saubusse, candidat tête de liste des Verts aux prochaines sénatoriales, Alain Geneste, représentant du Modem, et F. Dubost, pour le GFCA Forêt du Flamand.
> « Récemment élu, expose le maire, j'ai trouvé ce projet initialisé par mon prédécesseur, a introduit le maire Jean-Bernard Dufourd. Je ne suis ni pour, ni contre et, comme tout le monde, en recherche d'informations. Je souhaite que le débat de ce soir soit serein et de bonne tenue. » C'est sur un mode très pédagogique que les représentants de Valorem présentent leur entreprise, la situation des éoliennes en France et le projet de Naujac. Et après un historique sur l'utilisation de l'énergie du vent, des comparaisons avec ce qui se fait dans les autres pays (la France n'est apparemment pas en avance), ils évoquent les caractéristiques d'une éolienne (voir encadré).
Pourquoi Naujac a-t-il été choisi ? L'atlas éolien d'Aquitaine en fait un site favorable : un raccordement électrique est possible avec le poste source d'Hourtin, les servitudes environnementales le permettent et la densité de population est faible, ce qui permet des installations à un kilomètre des premières habitations au lieu des 500 mètres autorisés. Une délibération favorable a été prise par le conseil municipal en 2006, ainsi qu'un engagement favorable de la Forêt du Flamand. Le Conseil régional soutient le projet. Le programme à venir : 2008 études environnementales et poursuite de l'étude de faisabilité. Entre chaque éolienne : de 600 à 800 mètres. Sur le plan des décibels : aucun bruit ne serait audible à 1 kilomètre de distance. Pas plus de dix ne seront installées sur le site de Naujac, et peut-être moins.
> Première intervenante, la conseillère régionale Claire Le Lann, qui précise l'engagement de la Région (plan climat 2007/2013), revient sur la nécessité de se lancer dans cette voie « car le climat change, se détériore, et que nous vivons une crise de l'énergie qui n'est pas prêts de s'éteindre ».
Avec Francis Magenties (C.P.N.T.), c'est un autre ton : « Je suis contre ce projet, dit-il. Autant je suis pour l'énergie renouvelable comme le photovoltaïque (et il cite une expérience intéressante à Vendays), autant je réprouve l'installation d'éoliennes, sinon off shore ». Il semble dire que les retombées financières sur la commune seront inexistantes. Il parle de hachoirs à oiseaux migrateurs… Jean-Francis Séguy se prononce contre également. Et alors que Guy Pioton, de C.P.N.T., fait une démonstration tendant à accuser Valorem de faire des bénéfices « avec l'argent des contribuables » et dit qu'il faudrait consulter la population, Jean-Bernard Dufourd l'interrompt assez durement, semblant quelque peu irrité de cette charge du représentant du mouvement présidée par Frédéric Nihous : « Les chasseurs de Naujac, dit-il, n'en font pas un cheval de bataille. La démocratie suppose l'absence d'agression… Je vous demande de laisser les Naujacais s'exprimer, c'est pour cela qu'ils sont là ce soir. Et sachez que le canton, on n'y pense pas qu'en se rasant le matin. » Mot d'irritation que, par la suite, Jean-Bernard Dufourd dit n'avoir pas vraiment pensé : « Je veux travailler main dans la main avec le conseiller général Francis Magenties », précise-t-il.
> Les Naujacais, justement, s'expriment et ne semblent pas, majoritairement, avoir un avis nettement tranché, à l'image de leur maire. Leurs questions sont techniques : le bruit, notamment pour les habitants de Saint-Isidore ou encore du Lizan qui sont les plus proches. L'un précise qu'habitant à 10 kilomètres de l'océan, il entend néanmoins le bruit de la houle selon les vents. Le bruit qui, selon Valorem, ne peut dépasser le nombre de décibels admis par la loi (30).
Pour les retombées économiques, le maire indique qu'une négociation est en cours et ne peut en dire plus ce soir. Il est dit, calcul « à la louche », que la taxe professionnelle pourrait avoisiner au minimum les 1,8 million d'euros pour la communauté de communes ; que l'industrie locale pourrait profiter de 30 % des travaux.
D'autres questions sont posées par rapport à l'orage, ou encore sur les risques de perturbations des émissions de télé (inexistantes, selon Valorem). Puis, comme la soirée est bien avancée, le maire de Naujac clos les débats (provisoires), avant que les conversations ne se poursuivent autour d'un verre.
> « Récemment élu, expose le maire, j'ai trouvé ce projet initialisé par mon prédécesseur, a introduit le maire Jean-Bernard Dufourd. Je ne suis ni pour, ni contre et, comme tout le monde, en recherche d'informations. Je souhaite que le débat de ce soir soit serein et de bonne tenue. » C'est sur un mode très pédagogique que les représentants de Valorem présentent leur entreprise, la situation des éoliennes en France et le projet de Naujac. Et après un historique sur l'utilisation de l'énergie du vent, des comparaisons avec ce qui se fait dans les autres pays (la France n'est apparemment pas en avance), ils évoquent les caractéristiques d'une éolienne (voir encadré).
Pourquoi Naujac a-t-il été choisi ? L'atlas éolien d'Aquitaine en fait un site favorable : un raccordement électrique est possible avec le poste source d'Hourtin, les servitudes environnementales le permettent et la densité de population est faible, ce qui permet des installations à un kilomètre des premières habitations au lieu des 500 mètres autorisés. Une délibération favorable a été prise par le conseil municipal en 2006, ainsi qu'un engagement favorable de la Forêt du Flamand. Le Conseil régional soutient le projet. Le programme à venir : 2008 études environnementales et poursuite de l'étude de faisabilité. Entre chaque éolienne : de 600 à 800 mètres. Sur le plan des décibels : aucun bruit ne serait audible à 1 kilomètre de distance. Pas plus de dix ne seront installées sur le site de Naujac, et peut-être moins.
> Première intervenante, la conseillère régionale Claire Le Lann, qui précise l'engagement de la Région (plan climat 2007/2013), revient sur la nécessité de se lancer dans cette voie « car le climat change, se détériore, et que nous vivons une crise de l'énergie qui n'est pas prêts de s'éteindre ».
Avec Francis Magenties (C.P.N.T.), c'est un autre ton : « Je suis contre ce projet, dit-il. Autant je suis pour l'énergie renouvelable comme le photovoltaïque (et il cite une expérience intéressante à Vendays), autant je réprouve l'installation d'éoliennes, sinon off shore ». Il semble dire que les retombées financières sur la commune seront inexistantes. Il parle de hachoirs à oiseaux migrateurs… Jean-Francis Séguy se prononce contre également. Et alors que Guy Pioton, de C.P.N.T., fait une démonstration tendant à accuser Valorem de faire des bénéfices « avec l'argent des contribuables » et dit qu'il faudrait consulter la population, Jean-Bernard Dufourd l'interrompt assez durement, semblant quelque peu irrité de cette charge du représentant du mouvement présidée par Frédéric Nihous : « Les chasseurs de Naujac, dit-il, n'en font pas un cheval de bataille. La démocratie suppose l'absence d'agression… Je vous demande de laisser les Naujacais s'exprimer, c'est pour cela qu'ils sont là ce soir. Et sachez que le canton, on n'y pense pas qu'en se rasant le matin. » Mot d'irritation que, par la suite, Jean-Bernard Dufourd dit n'avoir pas vraiment pensé : « Je veux travailler main dans la main avec le conseiller général Francis Magenties », précise-t-il.
> Les Naujacais, justement, s'expriment et ne semblent pas, majoritairement, avoir un avis nettement tranché, à l'image de leur maire. Leurs questions sont techniques : le bruit, notamment pour les habitants de Saint-Isidore ou encore du Lizan qui sont les plus proches. L'un précise qu'habitant à 10 kilomètres de l'océan, il entend néanmoins le bruit de la houle selon les vents. Le bruit qui, selon Valorem, ne peut dépasser le nombre de décibels admis par la loi (30).
Pour les retombées économiques, le maire indique qu'une négociation est en cours et ne peut en dire plus ce soir. Il est dit, calcul « à la louche », que la taxe professionnelle pourrait avoisiner au minimum les 1,8 million d'euros pour la communauté de communes ; que l'industrie locale pourrait profiter de 30 % des travaux.
D'autres questions sont posées par rapport à l'orage, ou encore sur les risques de perturbations des émissions de télé (inexistantes, selon Valorem). Puis, comme la soirée est bien avancée, le maire de Naujac clos les débats (provisoires), avant que les conversations ne se poursuivent autour d'un verre.
4Gas veut aller au bout
Oui, la société 4Gas compte mener à bien son projet de terminal méthanier au Verdon-sur-mer. A la pointe du Médoc, les opposants sont à nouveau sur le pied de guerre.
Sans réelle surprise, la société néerlandaise 4Gas a confirmé son intention de tout faire pour réaliser le terminal méthanier qu'elle projette d'installer sur un terrain du port autonome de Bordeaux, au Verdon-sur-mer. Pour ce faire, elle n'a pas eu besoin d'utiliser le maximum de trois mois qui lui étaient impartis à compter de la publication du bilan du débat public, le 18 avril dernier. Bilan synthétique où la commission nationale du débat public (C.N.D.P.) émet des recommandations à l'adresse du maître d'ouvrage. Notamment celle-ci : « A propos de l'implantation du terminal, une attention aiguë devra être portée à la question de la distance avec les habitations et équipements publics avoisinants. N'est-il pas envisageable d'éloigner les installations ? » Dans la nouvelle mouture de son projet, 4Gas n'a pas retenu cette possibilité. Pourquoi ? « Parce que nous voulons absolument faire usage de l'appontement existant, qui offre quinze mètres de tirant d'eau », résume Henk Jonkman, directeur de 4Gas France, en charge du projet Pegaz au Verdon. Un instant de réflexion, et il ajoute que sa société ne souhaite pas rallonger la canalisation cryogénique qui relie l'appontement, où les navires méthaniers déchargent leur cargaison de gaz naturel liquéfié (GNL), et les cuves de stockage. Henk Jonkman invoque pour cela un souci de maîtrise des risques : rallonger les canalisations reviendrait à augmenter les risques.
> En revanche, « nous avons pris des mesures pour augmenter la sécurité de manière considérable par un système de rétention autour des canalisations, de manière à éviter l'épandage de GNL en cas d'accident », poursuit le directeur de 4Gas France. Le thème des risques a effectivement été omniprésent pendant le débat public mené du 1er septembre au 14 décembre 2007. Notamment les risques technologiques spécifiques du GNL. L'éloignement, jugé trop faible, entre les premières habitations du village et un terminal méthanier classé Seveso 2 reste au coeur des protestations des opposants, regroupés en Médoc au sein du collectif Une Pointe pour Tous, et plus largement dans Le Collectif des deux Rives (Médoc/Charentes).
4Gas dit « avoir beaucoup travaillé sur l'aspect paysager ». Ce qui se concrétiserait par le prolongement de l'espace dunaire existant aux abords de l'ancien appontement pétrolier ainsi que par une végétalisation de l'ensemble. Il s'agit pour le maître d'ouvrage de prendre en compte l'impact visuel des installations. En particulier les deux à trois cuves de stockage de 45 mètres de haut pour 85 mètres de diamètre. 4Gas prévoit cette fois-ci de les enterrer peut-être jusqu'à 20 mètres de profondeur, cela dépendra du résultat définitif des études de sol qui ont été menées. Un point qui fait sortir de leurs gonds les militants de Une Pointe pour Tous, notamment un de ses leaders, Philippe Lucet, qui fait remarquer qu'aucune étude de sol sérieuse n'a été présentée lors du débat public et qu'il sait d'expérience que la profondeur de forage est extrêmement limitée dans cette zone estuarienne. « Le but est de proposer une solution intermédiaire entre notre proposition initiale de cuves enterrées à 4 mètres de profondeur et les 20 mètres envisageables, c'est ce que nous allons présenter avant la fin du mois dans le dossier de demandes qui sera remis au préfet », explique Henk Jonkman.
> En tout état de cause, le creusement d'excavations supplémentaires allongerait d'encore une année la durée des éventuels travaux. Rappelons que lors de la présentation du projet Pegaz au Verdon, dans une salle Lothécia bondée, 4Gas envisageait un début de construction du terminal en 2008 pour un démarrage de l'exploitation en 2011. C'était avant qu'un débat public ne soit organisé. Avant que la société néerlandaise ne revoie son plan à la baisse en passant de cinq à trois, voire deux cuves. Avant que la colère ne monte très fort à la pointe du Médoc.
4Gas souhaite manifestement lâcher un peu de lest, tout en conservant son cap. Le maître d'ouvrage retiendrait ainsi l'idée de fabriquer sur place, par la méthode de l'électro-chloration, l'eau de javel nécessaire à la regazéification du méthane, et non pas de l'importer sur le site et de l'y stocker.
Une information qui ne devrait pas satisfaire ceux qui ne veulent tout simplement pas de ce type d'installation industrielle si près de leur village, si près de la plage de la Chambrette et de Port-Médoc, pour si peu d'emplois promis (38 à 52 emplois directs en phase d'exploitation), dans un contexte environnemental si différent de Antifer ou Dunkerque, où deux terminaux méthaniers sont également en projet. Selon eux, économie touristique et industrie à risque sont incompatibles. « C'est vraiment de la provocation », estime Philippe Lucet après avoir appris la décision de 4Gas. « Du point de vue commercial, nous menons des négociations encourageantes avec de très gros opérateurs internationaux, des clients potentiels, qui nous confortent dans l'idée que Le Verdon est l'endroit idéal pour un terminal méthanier », argumente Henk Jonkman.
> Logique locale et citoyenne contre logique internationale et marchande. Le mélange est détonnant. La commission particulière du débat public (C.P.D.P.) a pu s'en rendre compte pendant toute la durée du débat. Où l'on reparle de « l'acceptabilité so-ciale » du projet. Une donnée qui ne se mesure pas aussi facilement qu'une cuve de stockage. Lors d'une récente consultation purement symbolique (puisque non prise en compte dans le débat public), 68 % des électeurs verdonnais qui se sont déplacés pour donner leur avis ont dit leur opposition au principe d'un terminal méthanier sur leur commune. Quant à Martial Havel, au nom de l'Union pour le développement du Verdon (U.D.V.), il vient de sortir de son silence pour se réjouir que 4Gas ait confirmé sa décision d'implanter un terminal méthanier sur la zone portuaire du Verdon. Le collectif Une Pointe pour Tous, lui, invite les militants médocains et charentais, samedi 14 juin à
10 h 30 sur la plage de la Chambrette au Verdon, pour une lecture publique d'une lettre ouverte à 4Gas, et décider des actions à mener. Le collectif s'est également offert une pleine page d'information dans trois éditions du quotidien « Sud Ouest ». La trêve est terminée.
> En revanche, « nous avons pris des mesures pour augmenter la sécurité de manière considérable par un système de rétention autour des canalisations, de manière à éviter l'épandage de GNL en cas d'accident », poursuit le directeur de 4Gas France. Le thème des risques a effectivement été omniprésent pendant le débat public mené du 1er septembre au 14 décembre 2007. Notamment les risques technologiques spécifiques du GNL. L'éloignement, jugé trop faible, entre les premières habitations du village et un terminal méthanier classé Seveso 2 reste au coeur des protestations des opposants, regroupés en Médoc au sein du collectif Une Pointe pour Tous, et plus largement dans Le Collectif des deux Rives (Médoc/Charentes).
4Gas dit « avoir beaucoup travaillé sur l'aspect paysager ». Ce qui se concrétiserait par le prolongement de l'espace dunaire existant aux abords de l'ancien appontement pétrolier ainsi que par une végétalisation de l'ensemble. Il s'agit pour le maître d'ouvrage de prendre en compte l'impact visuel des installations. En particulier les deux à trois cuves de stockage de 45 mètres de haut pour 85 mètres de diamètre. 4Gas prévoit cette fois-ci de les enterrer peut-être jusqu'à 20 mètres de profondeur, cela dépendra du résultat définitif des études de sol qui ont été menées. Un point qui fait sortir de leurs gonds les militants de Une Pointe pour Tous, notamment un de ses leaders, Philippe Lucet, qui fait remarquer qu'aucune étude de sol sérieuse n'a été présentée lors du débat public et qu'il sait d'expérience que la profondeur de forage est extrêmement limitée dans cette zone estuarienne. « Le but est de proposer une solution intermédiaire entre notre proposition initiale de cuves enterrées à 4 mètres de profondeur et les 20 mètres envisageables, c'est ce que nous allons présenter avant la fin du mois dans le dossier de demandes qui sera remis au préfet », explique Henk Jonkman.
> En tout état de cause, le creusement d'excavations supplémentaires allongerait d'encore une année la durée des éventuels travaux. Rappelons que lors de la présentation du projet Pegaz au Verdon, dans une salle Lothécia bondée, 4Gas envisageait un début de construction du terminal en 2008 pour un démarrage de l'exploitation en 2011. C'était avant qu'un débat public ne soit organisé. Avant que la société néerlandaise ne revoie son plan à la baisse en passant de cinq à trois, voire deux cuves. Avant que la colère ne monte très fort à la pointe du Médoc.
4Gas souhaite manifestement lâcher un peu de lest, tout en conservant son cap. Le maître d'ouvrage retiendrait ainsi l'idée de fabriquer sur place, par la méthode de l'électro-chloration, l'eau de javel nécessaire à la regazéification du méthane, et non pas de l'importer sur le site et de l'y stocker.
Une information qui ne devrait pas satisfaire ceux qui ne veulent tout simplement pas de ce type d'installation industrielle si près de leur village, si près de la plage de la Chambrette et de Port-Médoc, pour si peu d'emplois promis (38 à 52 emplois directs en phase d'exploitation), dans un contexte environnemental si différent de Antifer ou Dunkerque, où deux terminaux méthaniers sont également en projet. Selon eux, économie touristique et industrie à risque sont incompatibles. « C'est vraiment de la provocation », estime Philippe Lucet après avoir appris la décision de 4Gas. « Du point de vue commercial, nous menons des négociations encourageantes avec de très gros opérateurs internationaux, des clients potentiels, qui nous confortent dans l'idée que Le Verdon est l'endroit idéal pour un terminal méthanier », argumente Henk Jonkman.
> Logique locale et citoyenne contre logique internationale et marchande. Le mélange est détonnant. La commission particulière du débat public (C.P.D.P.) a pu s'en rendre compte pendant toute la durée du débat. Où l'on reparle de « l'acceptabilité so-ciale » du projet. Une donnée qui ne se mesure pas aussi facilement qu'une cuve de stockage. Lors d'une récente consultation purement symbolique (puisque non prise en compte dans le débat public), 68 % des électeurs verdonnais qui se sont déplacés pour donner leur avis ont dit leur opposition au principe d'un terminal méthanier sur leur commune. Quant à Martial Havel, au nom de l'Union pour le développement du Verdon (U.D.V.), il vient de sortir de son silence pour se réjouir que 4Gas ait confirmé sa décision d'implanter un terminal méthanier sur la zone portuaire du Verdon. Le collectif Une Pointe pour Tous, lui, invite les militants médocains et charentais, samedi 14 juin à
10 h 30 sur la plage de la Chambrette au Verdon, pour une lecture publique d'une lettre ouverte à 4Gas, et décider des actions à mener. Le collectif s'est également offert une pleine page d'information dans trois éditions du quotidien « Sud Ouest ». La trêve est terminée.
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